Violences en marge du 17 octobre : virulente passe d'armes entre Lecornu et Mélenchon

| AFP | 56 | Aucun vote sur cette news
(g-d) Éric Coquerel, député LFI, Jean-Luc Mélenchon, candidat LFI à la présidentielle et Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, participent à une manifestation contre la
(g-d) Éric Coquerel, député LFI, Jean-Luc Mélenchon, candidat LFI à la présidentielle et Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, participent à une manifestation contre la "vie chère", le 17 octobre 2026 à Paris ( Matthieu RONDEL / AFP )

Les violences en marge des manifestations du 17 octobre nourrissent samedi soir une très virulente passe d'armes entre le Premier ministre Sébastien Lecornu et l'insoumis Jean-Luc Mélenchon, chacun imputant à l'autre une part de responsabilité dans le désordre.

"Faire porter aux chefs de la police la responsabilité des violences, c'est une inversion dangereuse et cynique des responsabilités", a taclé dans un message sur X le chef du gouvernement.

"On ne peut pas appeler à cesser les violences tout en fournissant des excuses à ceux qui les commettent. C'est VOTRE responsabilité politique", a ajouté le locataire de Matignon qui accuse, depuis le début de la mobilisation mi-septembre, LFI d'attiser la colère.

Réponse immédiate du candidat de la gauche radicale, qui a fait de la jeunesse l'un des piliers centraux de sa stratégie électorale et compte sur la mobilisation lycéenne pour gagner des points à six mois de la présidentielle.

Il a accusé le Premier ministre d'avoir "joué avec le feu, en comptant sur le pourrissement" de la situation et mis une nouvelle fois en cause la stratégie du maintien de l'ordre déployée par les autorités. "Vous n'êtes pas un homme d'État. Juste un commis qui est en train de provoquer une crise de régime", a-t-il tancé.

Plus tôt dans l'après-midi, alors que les affrontements, les dégradations et les pillages se multipliaient dans plusieurs villes de France (Paris, Lyon, Marseille, Lille, Nice, Limoges...), le Premier ministre avait dénoncé "une violence d'une extrême intensité" contre les forces de l'ordre. Et visé directement LFI, accusée de vouloir faire de ces débordements "un tour de chauffe" avant la présidentielle.

"Nous ne nous laisserons pas intimider", "personne n'imposera son agenda politique par la violence", avait-il martelé.

Répondant aux accusations le visant, Jean-Luc Mélenchon, qui a participé à la manifestation à Paris, a lancé un appel au calme : "ceux qui partagent notre combat n'ont rien à faire dans le pillage, le saccage", a-t-il assuré.

"Quelles que soient les responsabilités du pouvoir et de ses incompétents et leurs violences, nous devons refuser de participer à des actions sans signification politique et contraire à nos méthodes", a ajouté le candidat insoumis à la présidentielle.

"Fascisme rouge"

Le mouvement de gauche radicale a également fait l'objet d'accusations de l'extrême droite.

"Les revendications sociales légitimes ont une nouvelle fois été prises en otage par l'extrême gauche et les discours des députés de Jean-Luc Mélenchon qui (...) cherchent à précipiter le pays dans le chaos", a assuré Marine Le Pen, la candidate du RN à la présidentielle.

Le président du parti d'extrême droite, Jordan Bardella, a, lui aussi, fustigé "les professionnels du chaos" et Éric Ciotti, allié du Rassemblement national, dénoncé "le fascisme rouge" dans la rue aujourd'hui.

Jean-Luc Mélenchon n'est pas le seul responsable de gauche à remettre en cause la réponse des autorités au cours de cette journée de mobilisation.

La patronne des Écologistes Marine Tondelier, elle aussi présente dans le cortège parisien, a appelé le gouvernement à "revoir" sa stratégie qui, à ses yeux, met en danger "manifestants et policiers".

"La doctrine de maintien de l'ordre doit être profondément modifiée ! C'est la désescalade qui doit être recherchée, pas la confrontation", a commenté le patron du PS, Olivier Faure.

En retour, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a fustigé "les paroles ambigües" de certains responsables politiques. Il a notamment reproché à Marine Tondelier de critiquer le dispositif sans "avoir un mot pour condamner les casseurs".

Le candidat de la gauche social-démocrate Raphaël Glucksmann a de son côté lancé un appel à "un grand sursaut républicain". "Il est urgent que le calme revienne, que la République reprenne le dessus et que la France sorte de cette spirale de la violence qui finira par tous nous engloutir".

 ■

Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
SUR LE MÊME SUJET
Publié le 17/10/2026

Bordeaux le 17 octobre 2026 ( Christophe ARCHAMBAULT / AFP )Affrontements, casse, pillages : de violentes émeutes ont semé le chaos lors de la mobilisation du 17 octobre samedi à Bordeaux, où…

Publié le 17/10/2026

Des protestataires dans la fumée de gaz lacrymogènes lors d'une manifestation contre la vie chère place de la République à Paris, le 17 octobre 2026 ( Matthieu RONDEL / AFP )La tension a…

Publié le 17/10/2026

Fabien Roussel, le candidat communiste à l'élection présidentielle, manifeste contre la vie chère à Valenciennes le 17 octobre 2026 ( Sameer AL-DOUMY / AFP )Face à la hausse des prix du…

Publié le 15/10/2026

Le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray (c) visite le lycéen Les Iris, saccagé le 8 octobre 2026, à Lormont, le 15 octobre 2026 près de Bordeaux, en Gironde ( Christophe…

Publié le 15/10/2026

Raphaël Glucksmann, vainqueur de la primaire ssociale-démocrate, le 11 octobre 2026 à Paris ( ROMAIN PERROCHEAU / AFP )Raphaël Glucksmann se retrouve pour la première fois au coude-à-coude…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 16/10/2026

Publié le 16/10/2026

La Bourse de Paris a poursuivi sa progression, portée notamment par Hermès (+3,01% à 1334,5) et L’Oréal (+2,44% à 405,44), malgré les inquiétudes entourant le financement de l’intelligence…

Publié le 16/10/2026

Votre rendez-vous quotidien avec les petites et moyennes capitalisations ! Chaque jour, retrouvez l’analyse d’Eric Lewin sur les valeurs Small & Mid Caps du moment qui font l’actualité.

Publié le 16/10/2026

(Zonebourse.com) - Temu a conclu un accord avec les autorités du Texas pour mettre fin à une procédure judiciaire portant sur la collecte de données personnelles et la sécurité des produits…

Publié le 16/10/2026

(Zonebourse.com) - La société biopharmaceutique française a annoncé le règlement-livraison de sa levée de fonds d'un montant de 1 000 000,208 euros, initiée le 8 octobre dernier.L'opération a…