Présidentielle: Boris Vallaud fait le choix de Glucksmann pour la primaire
Un ralliement de poids: le chef des députés socialistes Boris Vallaud a annoncé jeudi qu'il soutiendrait le candidat de Place Publique Raphaël Glucksmann au sein de la primaire de la gauche socialiste et démocratique pour la présidentielle, à la veille des journées d'été du PS à Blois.
"Je fais le choix de soutenir la candidature qui me paraît la plus sérieuse en ne me posant qu'une question: qui est le mieux placé et le mieux préparé pour mener ce combat présidentiel? À cette question je réponds par le nom de Raphaël Glucksmann", explique Boris Vallaud dans cette lettre, publiée dans le media des socialistes le Nouveau Populaire et dont l'AFP a eu l'exclusivité.
Alors que le premier secrétaire du PS Olivier Faure ne s'est pas encore déclaré pour cette primaire prévue les 9-10 et 16-17 octobre, cette annonce grossit les rangs de l'eurodéputé, qui compte déjà parmi ses soutiens d'autres socialistes, comme Carole Delga, la présidente de la région Occitanie, ou les maires de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol ou de Montpellier Michael Delafosse.
Boris Vallaud, qui avait soutenu Olivier Faure lors du dernier congrès avant d'en devenir le plus farouche opposant, lui reprochant notamment une gestion solitaire du parti, marque une fois de plus sa défiance vis à vis du premier secrétaire, qu'il a mis en minorité en juin au moment du choix de la primaire.
En plus de Raphaël Glucksmann, trois socialistes sont déjà sur les rangs de la primaire: les députés Philippe Brun et Jérôme Guedj, et la finaliste de l'élection présidentielle de 2007 Ségolène Royal.
Sans compter d'autres prétendants hors primaire comme le maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane et surtout l'ancien président François Hollande, qui n'est toutefois pas officiellement candidat.
Tout en estimant qu'aucune candidature à la primaire "n'est illégitime", le député des Landes s'interroge: "Sont-elles guidées par la seule question qui vaille, sans amour propre: Où est l'intérêt du pays?".
Lui-même admet s'être longuement interrogé cet été sur sa possible candidature, et "ce fut difficile". Il a finalement choisi "une réponse de responsabilité: je ne serai pas candidat à la désignation militante", admettant n'être "pas le mieux placé pour l'emporter" et qu'il ne ferait "qu'ajouter de la division à la confusion".
S'il reconnaît n'être "probablement pas" d'accord sur tout avec celui qui est à la tête du groupe PS-Place publique au Parlement européen, il assure qu'ils se rejoignent "sur l'essentiel".
"Je connais ses qualités, la sincérité de son engagement, son intelligence, sa détermination. Un homme honnête, lucide sur lui-même quand tant d'autres sont aveuglés d’eux-mêmes et de leurs certitudes", lance-t-il.
démarchandisation
Boris Vallaud peut déjà se féliciter d'une convergence: Raphaël Glucksmann a fait sien dans ses interviews le thème de "la démarchandisation" de la société, porté depuis des mois par le député des Landes.
Et alors que l'eurodéputé est parfois accusé d'être "déconnecté" des Français, M. Vallaud dit venir dans sa campagne "avec (sa) gauche populaire, républicaine, rurale et ouvrière".
Les deux hommes avaient déjà ensemble lancé en avril, avec l'écologiste Yannick Jadot, qui a lui aussi rallié officiellement Raphaël Glucksmann, un appel baptisé "Gagner maintenant" pour construire un "projet crédible et mobilisateur" face au RN.
Désormais, Boris Vallaud entend s'investir à "préparer dès à présent les élections législatives" qui devraient suivre la présidentielle, jugeant qu'il ne faut "pas les concevoir paresseusement comme le troisième tour de l'élection présidentielle mais comme un moment politique pensé en lui-même et pour lui-même".
Persuadé de la "nécessaire refondation" d'un "espace politique de la gauche démocratique, sociale et écologique dans lequel chacun viendra avec ce qu'il est, ce qu'il croit, ce qu'il défend", il déplore les "logiques de boutiques mortifères" qui l'ont jusqu'alors empêchée.
Et pas question d'"une alliance de circonstance conclue à la veille d’un scrutin". M. Vallaud veut "un espace où se rassembler, ouvert sur la société civile, pour faire émerger des idées, un programme, un contrat de gouvernement ou de législature, un accord législatif", défend-il.
Et de saluer les appels également lancés en ce sens par Yannick Jadot, l'ex-responsable écologiste Cécile Duflot, et la participation à la primaire de la Gauche républicaine et socialiste du député ex-PS Emmanuel Maurel.
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