Mort de Quentin Deranque à Lyon : cinq nouvelles mises en examen
Cinq personnes ont été mises en examen jeudi, dont trois ont été écrouées, dans le cadre de l'enquête sur la mort du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque à Lyon en février, ce qui porte à 14 le nombre de suspects poursuivis dans ce dossier politiquement sensible.
Sept mois après la mise en examen pour meurtre ou complicité de neuf militants d'ultragauche, dont des proches du député LFI Raphaël Arnault, la police a procédé mardi à un nouveau coup de filet dans la même mouvance.
Huit personnes, dont au moins une femme, ont été interpellées dans l'agglomération lyonnaise à la demande des trois juges d'instruction chargés de l'information judiciaire ouverte pour "meurtre, participation à une association de malfaiteurs et violences aggravées", selon des sources proches du dossier.
Contrairement aux premiers mis en cause, elles sont "soupçonnées d'avoir participé aux rixes, aux diverses violences du jour, mais pas d'avoir porté les coups mortels", a précisé l'une d'elles à l'AFP.
A l'issue de leur garde à vue, trois ont été remises en liberté sans poursuite à ce stade, selon une autre source.
Les cinq autres présentées jeudi aux juges d'instruction ont été mises en examen pour "participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un délit", dont quatre l'ont également été pour "violences aggravées" (par usage ou menace d'une arme, en réunion, et en dissimulant tout ou partie du visage), a précisé le procureur Thierry Dran dans un communiqué.
Sur les cinq personnes mises en examen, deux ont été placées sous contrôle judiciaire, et trois en détention provisoire par une juge de la liberté et de la détention jeudi soir, conformément aux réquisitions du parquet.
Parmi les trois personnes écrouées figurent un jeune homme de 26 ans et une jeune femme de 24 ans. L'avocate du premier, Me Anne-Laure Lebert, a indiqué à l'AFP que son client n'était pas poursuivi "pour des faits sur Quentin Deranque, mais pour des faits en marge, lors d'affrontements entre un groupe de militants d'ultragauche", auquel appartient son client, et celui proche de Quentin Deranque. Défendant la jeune femme, qui n'est pas poursuivie pour violences aggravées, Me Amandine Fabregue a critiqué "une décision totalement disproportionnée au vu des faits reprochés et du profil" de sa cliente.
Traumatisme crânien
Le 12 février, Quentin Deranque, un militant de 23 ans qui évoluait dans la galaxie des groupuscules de l'ultradroite lyonnaise, accompagnait des militantes du collectif identitaire Némésis venues manifester contre une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon.
A proximité se trouvaient des militants d'ultragauche, dont des membres du mouvement antifasciste dissous La Jeune Garde fondé en 2018 à Lyon par Raphaël Arnault.
Les deux groupes s'étaient affrontés et à un moment, Quentin Deranque s'était retrouvé isolé, à terre. Il avait alors été roué de coups par plusieurs personnes encagoulées, selon des vidéos de la scène. Souffrant d'un grave traumatisme crânien, il a été déclaré mort deux jours plus tard.
Le drame avait entraîné de vives condamnations et une minute de silence avait été observée le 17 février à l'Assemblée nationale, avant un rassemblement de l'ultradroite en mémoire du jeune homme, à Lyon quatre jours plus tard.
Les 17 et 18 février, puis le 4 mars, la police avait procédé à de premières vagues d'interpellations et neuf hommes, alors âgés de 20 à 26 ans et tous membres ou proches de la Jeune Garde, avaient été mis en examen pour meurtre ou complicité.
Quelques-uns ont reconnu avoir frappé Quentin Deranque ou d'autres, mais tous nient avoir eu l'intention de le tuer, avait alors précisé le procureur de Lyon.
Audace
Parmi eux, figurent Adrian Besseyre, qui travaillait dans l'équipe du député Arnault jusqu'à quelques jours avant les faits, et Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire du député.
L'extrême droite et la droite ont accusé les Insoumis au pire d'être "responsables" ou "complices" du drame et, au mieux, d'avoir créé, par leurs propos, un climat favorable à la violence de groupes d'ultragauche.
Le parquet de Lyon a par ailleurs ouvert une enquête préliminaire sur les violences commises par des militants d'ultradroite le même jour.
A Lyon, le drame continue de peser. Un adolescent de 15 ans proche de l'ultradroite et affecté par la mort de Quentin Deranque a été mis en examen vendredi pour avoir envisagé une attaque contre un lycée lyonnais.
Quatre jeunes, accusés d'agression raciste à l'encontre de deux hommes en plein coeur de Lyon, ont été mis en examen et écroués en début de semaine. Ils sont proches de l'ultradroite, a précisé à l'AFP une source policière. Ils appartenaient au groupuscule Audace, avec lequel Quentin Deranque a suivi des entraînements physiques, selon les médias locaux.
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