Consigne plastique: le ministre reçoit mardi l'ensemble des parties prenantes

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Industriels, élus, distributeurs et ONG ont discuté des modalités de mise en œuvre du plan plastique du gouvernement et de sa mesure la plus controversée, la consigne de la bouteille plastique pour recyclage
Industriels, élus, distributeurs et ONG ont discuté des modalités de mise en œuvre du plan plastique du gouvernement et de sa mesure la plus controversée, la consigne de la bouteille plastique pour recyclage ( SEBASTIEN BOZON / AFP )

Industriels, élus, distributeurs, ONG: l'ensemble des parties prenantes ont été reçues mardi matin pour discuter des modalités de mise en œuvre du plan plastique du gouvernement et de sa mesure la plus controversée, la consigne de la bouteille plastique pour recyclage, sans dissiper le scepticisme de plusieurs ONG et associations de collectivités.

Par rapport aux autres leviers, la consigne plastique "nécessitera une concertation un peu plus approfondie, et donc des réunions complémentaires", avait indiqué le ministère de la Transition écologique en préambule, compte tenu du caractère sensible de la mesure.

Remise sur le métier par le président Emmanuel Macron en dépit de l'opposition de collectivités, la consigne de la bouteille plastique est présentée par l'exécutif comme un moyen providentiel de rattraper le retard de la France en matière de recyclage du plastique.

"Aujourd'hui, nous sommes à 26% de recyclage contre un objectif à 55% d'ici 2030 pour les emballages plastiques", a rappelé le cabinet du ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre.

"Quant à la bouteille en plastique, nous sommes sur un taux autour de 57%, alors que nous avons une obligation de 90% d'ici 2029", a-t-on ajouté de même source.

Avec cette réunion, le ministre "entend tout simplement avancer sur les douze leviers qu'il a mis sur la table", dont la consigne, laquelle doit être "opérationnelle au 1er janvier 2029", a souligné le cabinet de M. Lefèvre, compte tenu de la non-atteinte par la France de ses objectifs.

Un argument battu en brèche par les collectivités, qui contestent l'efficacité de la mesure.

"On a un peu l'impression d'un jeu d'arguments à géométrie variable", a déclaré à l'AFP le délégué général de l'association de collectivités Amorce, Nicolas Garnier, à l'issue d'une réunion dont l'ambiance était selon lui "tendue".

Il s'est étonné de la volonté affichée de mettre en place cette consigne sur une partie minoritaire des déchets plastiques produits chaque année, "alors que dans le même temps, la France est aujourd'hui sanctionnée pour des raisons beaucoup plus graves sur la qualité de l'air, sur les OGM, (...) ou l'état des masses d'eau de ses ressources en eau", sans que les autorités ne se mettent "la rate au court-bouillon".

Jusqu'à présent, la revente du plastique en ballot trié (bouteilles compactées, pots de yaourt, barquettes...) ou de l'aluminium (cannettes de boisson) permet aux collectivités de financer en partie leurs opérations de collecte et de traitement des déchets.

D'une manière générale, des élus et des ONG ont contesté le déroulement de cette "concertation", estimant avoir "le sentiment que les décisions étaient déjà arrêtées", selon Odile Bégorre-Maire, représentante d'Intercommunalités de France, ou que "les dés sont pipés", d'après Nicolas Faure, directeur de l'ONG Zero Waste France.

"Les contributions des ONG, qui demandent une politique forte de réduction de la production et de l'utilisation de plastique, ont été invisibilisées pour favoriser une politique du tout-recyclage contreproductive", a-t-il ajouté.

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