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Affaire Epstein: des victimes dénoncent la publication de leurs identités

| AFP | 415 | 5 par 1 internautes
L'ancien président américain Bill Clinton et l'ancienne secrétaire d'État Hillary Clinton, le 9 janvier 2025 à Washington
L'ancien président américain Bill Clinton et l'ancienne secrétaire d'État Hillary Clinton, le 9 janvier 2025 à Washington ( Mandel NGAN / AFP/Archives )

Leurs noms révélés, des photos nues publiées. Une centaine de victimes dans l'affaire Epstein veulent fermer l'accès au site gouvernemental américain qui publie le dossier, après avoir vu leurs vies "bouleversées", selon leurs avocats.

La nouvelle vague de publications liées au tentaculaire dossier Epstein vendredi a une fois encore mis au jour une masse d'informations sur les activités du criminel sexuel et l'étendue de son carnet d'adresses.

Mais les victimes dénoncent la façon dont les documents ont été publiés, sans précaution pour leur vie privée. "Je comprends votre inquiétude et l'urgence des problèmes présentés", écrit le juge new-yorkais Richard Berman aux avocats, dans un document vu par l'AFP.

Le magistrat les invite à venir avec leurs clients à l'audience, mercredi matin. "Pour les victimes de Jeffrey Epstein, chaque heure compte", ont écrit les avocats, Brittany Henderson et Brad Edwards, cités dans le New York Times. "Le préjudice se poursuit et est irréversible".

Dimanche, le New York Times avait déjà fait état de la publication d'une quarantaine de photos de jeunes femmes nues, possiblement des adolescentes, émanant d'une "collection personnelle".

L'affaire, qui empoisonne la vie politique américaine depuis des années, n'en finit plus d'éclabousser de hautes personnalités partout dans le monde.

Mardi, la pression a fini par convaincre Bill et Hillary Clinton de témoigner devant une commission d'enquête parlementaire sur le sujet. "L'ancien président et l'ancienne secrétaire d'Etat seront là. Ils ont hâte de créer un précédent qui s'applique pour tout le monde", a déclaré lundi sur X Angel Urena, porte-parole de l'ex-président démocrate.

Des élus républicains exigeaient de les entendre sur les liens entre Bill Clinton et le criminel sexuel. Et avant ce communiqué, la commission des règles de la chambre s'apprêtait à lancer un processus permettant d'engager des poursuites à l'encontre de l'ex-président démocrate (1993-2001), et de l'ancienne cheffe de la diplomatie américaine (2009-2013).

En cas d'inculpation formelle, qui serait initiée par le ministère de la Justice, Bill et Hillary Clinton encourraient jusqu'à 12 mois de prison. Ils dénoncent des motivations purement politiques.

Mandelson en sous-vêtements

Le couple est fragilisé par l'ancienne amitié unissant l'ex-président à Jeffrey Epstein. Figure de la jet-set new-yorkaise dans les années 1990-2000, le financier était accusé d'avoir exploité sexuellement plus de mille jeunes femmes, dont des mineures.

Des cartons marqués
Des cartons marqués "Hillary" sont amenés dans une salle en prévision d'une audition à huis clos de l'ancienne secrétaire d'État américaine Hillary Clinton devant la commission de surveillance de la Chambre des représentants, le 14 janvier 2026 à Washington ( SAUL LOEB / AFP/Archives )

Il avait été retrouvé pendu dans sa cellule de New York en 2019, avant son procès pour crimes sexuels. Sa mort a alimenté d'innombrables théories du complot selon lesquelles il aurait été assassiné pour protéger des personnalités de premier plan.

Bill Clinton, qui a voyagé à plusieurs reprises à bord de son jet privé et a été photographié de nombreuses fois en sa compagnie, avait affirmé en 2019 ne pas lui avoir parlé depuis plus d'une décennie.

Il a également toujours démenti avoir eu connaissance de ses crimes et n'est pas inquiété par la justice. Mais la pression du Congrès devenait ingérable.

"Personne, que ce soit un ancien président ou simple citoyen, ne peut délibérément mépriser une assignation à comparaître proprement émise par le Congrès sans conséquences", avait martelé l'élu républicain James Comer, chef de la commission d'enquête.

Pendant sa campagne de 2024, Donald Trump avait dit vouloir publier l'intégralité du dossier Epstein. Mais il a rechigné à le faire depuis son retour au pouvoir et s'est vu accusé - jusque chez ses partisans - d'un manque de transparence.

Vendredi, le ministère de la Justice a dit publier ses documents supplémentaires pour se plier à une loi promulguée en novembre dernier. Et comme à chaque nouvelle salve, de nouveaux noms sont apparus au grand jour.

La simple mention d'un individu ne suppose pour autant a priori aucun acte répréhensible de sa part. Mais les documents rendus publics montrent à tout le moins des liens entre le criminel sexuel Jeffrey Epstein ou son entourage, et certaines personnalités qui ont souvent minimisé voire nié l'existence de tels rapports.

Au Royaume-Uni, le Premier ministre Keir Starmer a estimé que l'ex-ambassadeur britannique Peter Mandelson avait "laissé tomber son pays", a rapporté son porte-parole mardi.

Les derniers documents rendus publics révèlent notamment des relevés bancaires attestant de virements par le financier américain à son bénéfice et une photo le montrant en sous-vêtements aux côtés d'une femme en peignoir.

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