Mali: "le régime va tomber" et les Russes doivent partir, affirme à l'AFP le porte-parole des rebelles
La junte malienne au pouvoir à Bamako "va tomber, tôt ou tard" et la Russie qui la soutient doit quitter "définitivement" le pays, a affirmé mercredi dans un entretien exclusif à l'AFP le porte-parole des rebelles du Front de libération de l'Azawad (FLA).
"Le régime va tomber, tôt ou tard. Il va tomber, ils n'ont pas de solution pour se maintenir au pouvoir (...) Face à l'offensive du FLA pour récupérer le territoire de l'Azawad (nord du Mali, ndlr) d'un côté, et l'offensive des autres (les jihadistes du JNIM, ndlr) sur Bamako et d'autres villes, ils ne pourront pas tenir", a affirmé dans un entretien à l'AFP Mohamed Elmaouloud Ramadane, de passage à Paris.
"Pour aller à la paix, pour trouver la stabilité dans l'Azawad, dans le Mali et au-delà dans le Sahel, je pense que la première des choses, c'est de faire partir cette junte", a-t-il ajouté.
Selon lui, "la situation est loin d'être sous contrôle" de la junte, comme l'a revendiqué la veille son chef Assimi Goïta. La preuve en est "qu'il est resté caché dans un bunker pendant une semaine".
Le FLA, composé de communautés touareg, peules et arabes notamment, s'est emparé le week-end dernier de la ville stratégique de Kidal, forçant les paramilitaires russes de l'Africa Corps à s'en retirer. La région de Kidal "aujourd'hui est à 80% sous notre contrôle", selon lui.
Les indépendantistes ont dorénavant l'intention de s'emparer des autres régions du nord du pays.
"Nous avons déjà libéré Kidal, Taoudénit était déjà sous notre contrôle, Gao, Tombouctou et Menaka aussi seront nos prochains objectifs à libérer" ces prochains jours, a confié Mohamed Elmaouloud Ramadane."Notre objectif est que la Russie se retire définitivement de l'Azawad (nord du Mali, ndlr) et au-delà, de tout le Mali", a-t-il également déclaré.
"Toutes les confrontations que nous avons eues avec les Russes, nous les avons gagnées", a-t-il rappelé, précisant que les forces russes avaient été "escortées de Kidal jusqu'à la localité d'Anefis", au sud-ouest de la ville.
Mais, a-t-il assuré, "nous n'avons pas de problème particulièrement avec la Russie, ni avec aucun autre pays, notre problème c'est avec le régime qui gère Bamako".
Dans une publication sur les réseaux sociaux, le ministère russe de la Défense a estimé que rebelles et jihadistes étaient en train de se regrouper et que la situation au Mali restait "difficile".
Mardi, les jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM, allié à Al-Qaïda) ont de leur côté menacé d'imposer un blocus sur les entrées de la capitale malienne Bamako, selon une vidéo d'un de leurs porte-parole.
"Charia modérée"
"Nous sommes dans une guerre existentielle" a ajouté M. Ramadane, précisant que l'objectif principal à terme pour le FLA reste "l'autodétermination de la population de l'Azawad".
Le FLA est "prêt" à administrer et gouverner les grandes villes du nord en appliquant une "charia modérée" comme en Mauritanie, dit-il, régie par la "justice malékite locale" s'appuyant sur les cadis, juges musulmans remplissant des fonctions civiles, judiciaires et religieuses.
Interrogés sur les liens entre le FLA et les jihadistes du JNIM, il a évoqué une "alliance de circonstance" face à un "ennemi commun (la junte)".
"On n'a pas le choix", a-t-il ajouté, reconnaissant que "personne ne peut nier l'influence d'Iyad (Ag Ghali, le chef du JNIM, ndlr) aujourd'hui au Sahel", dont la branche sahélienne d'Al-Qaïda est aussi très présente au Niger et au Burkina Faso.
"Il ne sera pas possible de trouver une solution pacifique (...) sans faire participer cet acteur incontournable aujourd'hui dans notre région", a-t-il dit. "Nous avons tiré les leçons du passé, des accidents que nous avons eu avec le JNIM et nous voulons vraiment créer des mécanismes qui nous permettent de coexister".
Quant à la France, où Mohamed Elmaouloud Ramadane doit rencontrer ces prochains jours des responsables politiques et sécuritaires, "on a toujours gardé contact, comme avec les Américains", a-t-il souligné, appelant ces deux pays à un "soutien diplomatique et politique" au FLA une fois le nord du pays sécurisé "sous (nôtre) contrôle".
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