A Poissy, des ouvriers de Stellantis mobilisés contre la "casse de l'emploi"
Au moins 300 personnes ont manifesté jeudi dans les rues de Poissy (Yvelines) contre l'arrêt programmé de la fabrication de voitures sur le site Stellantis de cette ville, dénonçant une "casse de l'emploi", a constaté une journaliste de l'AFP.
Devant la mairie de Poissy, les prises de parole de représentants syndicaux se sont succédé au fil de la matinée, avant le départ du cortège en direction de l'usine Stellantis, en bord de Seine.
"On tient à envoyer un message clair à la direction Stellantis ainsi qu'aux pouvoirs publics (...) pour leur dire que l'activité de Poissy et sa pérennité (sont) une ligne rouge à ne pas franchir", a déclaré à l'AFP Omar El Mhane, syndicaliste de la section de l'Unsa de Poissy.
Les syndicats SUD, Unsa et CGT, qui ont totalisé 38% des voix sur ce site aux dernières élections professionnelles, avaient appelé à la grève et à cette manifestation après que Stellantis a annoncé, le 16 avril, la fin de la production de véhicules sur le site après à 2028.
Celui-ci deviendra un centre de fabrication de pièces et de déconstruction de véhicules, et conservera 1.000 postes ouvriers sur 1.500.
"Il y a quelques années, on était plus de 17.000, aujourd'hui on passe à 1.000, demain on va passer à moins de 1.000, et sur le long terme, ça sera une vingtaine de personnes sur le site", avertit Omar El Mhane.
Pour Jonathan Dos Santos, de la CGT, c'est "une casse de l'emploi". "On est en colère: la direction annonce qu'il n'y aurait plus de production de véhicules après 2028 et qu'il n'y aurait que des activités, sans trop dire ce que ce sera", déplore-t-il.
Pour Radia Chikri, représentante SUD, Stellantis a "indirectement annoncé la fermeture de l'usine". "Tout le monde s'inquiète pour son avenir", selon elle.
Le député François Ruffin (Debout!), candidat à une primaire de la gauche en vue de la présidentielle, était également présent à Poissy. Pour lui, la situation locale est "l'illustration de toute une industrie qui est en train de flancher (...). Pourquoi ? C'est un choix de nos dirigeants politiques et économiques depuis 40 ans. Ils ont fait le choix de se débarrasser de l'industrie, c'était le passé, c'était dépassé. Ils s'en sont débarrassés".
D'autres usines françaises de Stellantis ont été le théâtre de mobilisations jeudi, notamment à Metz (Moselle), Vesoul (Haute-Saône) et Sochaux (Doubs).
A Vesoul, où l'activité assemblage moteurs va être transférée à Poissy, selon le représentant syndical CGT Cédric Fischer, un premier rassemblement dans la matinée a été peu suivi, réunissant "moins de 10 personnes" mais un second est prévu en fin d'après-midi.
Près "de 200 emplois" ouvriers vont être touchés à Vesoul par ce transfert d'activité sur les 2.300, a-t-il déclaré.
A la mi-journée, les lignes de production fonctionnaient normalement sur l'ensemble des sites Stellantis, selon la direction du groupe.
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