Premier grand débat des candidats à la présidentielle, sur le terrain patronal
Un match à sept sur le court central de Roland-Garros : le Medef organise jeudi le premier grand débat entre les principaux candidats à la présidentielle, dont Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, questionnés sur leur projet économique par des chefs d'entreprise.
A 16H45, durant 02H30, l'arène du tennis sera occupée par la dirigeante du Rassemblement national, actuelle favorite des sondages, le leader insoumis, crédité d'une dynamique susceptible de le hisser au second tour, mais aussi le duo du bloc central Édouard Philippe et Gabriel Attal, le néo-candidat social-démocrate Raphaël Glucksmann, le président des Républicains Bruno Retailleau et l'écologiste Marine Tondelier.
Edouard Philippe a donné le ton de la journée en dégainant, dans un entretien à l'AFP, des propositions qui devraient séduire les patrons: la réduction à 12 mois (18 aujourd'hui) de l'indemnisation chômage pour les moins de 50 ans; "mettre fin à l'open bar des arrêts de travail" et garantir la pérennité du pacte Dutreil qui facilite la transmission des entreprises familiales.
"Plus il y a de personnes qui sont d'accord avec des choses que je propose, parfois depuis deux ans, mieux c'est", a balayé sur BFMTV/RMC son concurrent au sein du bloc central Gabriel Attal.
Cinq chefs d'entreprise interpelleront les candidats autour d'autant de thèmes: la dette et les dépenses publiques; la réindustrialisation; le coût du travail; les normes et la simplification; la fiscalité. Et les prétendants à l'Élysée pourront se répondre entre eux.
"Je suis pressée qu'on entre dans le vif de cette campagne et qu'on puisse débattre", "ça va faire descendre un peu dans l'arène tout le monde", s'est réjouie mercredi Marine Tondelier, saluant un format qui devrait permettre "l'interaction".
Leurs coups seront d'autant plus scrutés que les sondages de cette rentrée cruciale, à moins de huit mois du premier tour du 18 avril, esquissent une lutte acharnée pour une place en finale.
Le Pen attendue sur les retraites
Seule assurée d'être au second tour si le scrutin avait lieu maintenant, selon toutes les intentions de vote, Marine Le Pen n'entend "pas dévoiler de nouvelles propositions" mais plutôt exposer sa "vision de l'économie" et son programme, "qui n'est pas toujours bien compris", dit-on dans son entourage.
Elle devrait être confrontée à sa position sur les retraites, qui a pu faire l'objet de divergences au sein du parti d'extrême droite. La quadruple candidate défendait encore avant l'été un retour aux 62 ans, voire 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler tôt.
Derrière elle, un nouveau sondage Ifop-Fiducial, après une étude Harris Interactive-Toluna, confirme la progression de Jean-Luc Mélenchon, désormais en position, selon les configurations, de se qualifier pour le second tour.
Mélenchon sur la dette
Le candidat LFI défendra probablement sa proposition d'annuler une partie de la dette publique, très contestée à droite et dans le monde patronal. "S'ils me cherchent, ils vont me trouver", a prévenu celui qui fait figure d'épouvantail pour une partie du patronat.
Alors que le président du Medef Patrick Martin a réclamé "un programme présidentiel de libertés", les candidats de gauche devraient plus largement être appelés à préciser leurs projets d'imposition des plus riches, notamment sur l'héritage, face à un auditoire loin d'être conquis.
Le débat offre une tribune de choix à Raphaël Glucksmann, candidat déclaré depuis dimanche mais qui doit d'abord passer par la primaire organisée avec le Parti socialiste en octobre, dont les autres participants n'ont pas été sélectionnés par le Medef.
Sans être présent, François Hollande, qui n'exclut pas de se déclarer candidat si personne ne s'impose dans les sondages à l'automne dans la gauche hors LFI, a proposé mercredi de fixer l'âge légal de départ à la retraite à 63 ans puis d'allonger progressivement la durée de cotisation, à rebours de la volonté socialiste de revenir à 62 ans.
La perspective d'un possible duel Mélenchon-Le Pen le 2 mai a renforcé la pression pour un rassemblement du centre et de la droite, qui pourrait éventuellement aller jusqu'à Bruno Retailleau et passer par une primaire, comme l'ont réclamé 200 élus locaux dans une tribune au Figaro.
Passé ce rendez-vous, chacun retournera à sa campagne, avec plusieurs événements prévus dans les prochains jours, à commencer par le campus d'été du PS à partir de vendredi à Blois.
Mais Marine Tondelier appelle déjà à un nouveau "grand débat télévisé sur l'écologie" après un été marqué par les canicules et les incendies. "Il n'y a pas de raison que le seul débat de cette rentrée" soit "au Medef sur les entreprises", a-t-elle plaidé.
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