Le gouvernement français abaisse encore sa prévision de croissance et appelle à un budget rapide

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Le ministre de l'Economie Roland Lescure lors d'une conférence de presse à Bercy, le 11 septembre 2026
Le ministre de l'Economie Roland Lescure lors d'une conférence de presse à Bercy, le 11 septembre 2026 ( LOU BENOIST / AFP )

Pour la troisième fois cette année, le gouvernement français a abaissé vendredi sa prévision de croissance pour 2026, à 0,5%, en tablant sur un rebond incertain à 1% l'an prochain, et appelé à adopter rapidement un budget pour 2027 pour mieux faire face à ces turbulences.

Après l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) jeudi, qui avait revu sa prévision de croissance pour cette année à 0,4% et alerté sur un "décrochage" de la France par rapport à ses voisins, le gouvernement a présenté à son tour un scénario plus pessimiste qu'auparavant.

Le gouvernement de Sébastien Lecornu, qui avait déjà abaissé sa prévision de croissance à 0,9% en avril (contre 1% prévu auparavant), puis à 0,7% en juillet, a revu pour la troisième fois ce chiffre, à 0,5%.

Au total, "on a donc divisé par deux les estimations de croissance pour cette année", a indiqué le ministre de l'Economie, Roland Lescure, lors d'une conférence de presse.

"C'est important, c'est majeur", a-t-il ajouté, expliquant cet écart avec les prévisions d'origine par plusieurs facteurs, dont un effet estimé des vagues de chaleur à hauteur de 0,1 point de PIB, et un impact de la fermeture du détroit d'Ormuz "de l'ordre de 0,2" point de croissance, "à la fois sur la consommation des ménages et sur les dépenses des entreprises".

Il a mis aussi en avant des "facteurs d'incertitude politique" qui ont "affecté la croissance en début d'année", et la "hausse historique, rapide et forte des taux d'intérêt, qui pèse sur le budget de l'Etat". La charge de la dette s'élève ainsi à 65 milliards d'euros en 2026, dont 4,5 milliards de hausse "liée à la crise" par rapport aux prévisions initiales, a-t-il dit.

"Plus de gras"

Pour 2027, le gouvernement table sur "un rebond de la croissance à 1%", une prévision entourée "de fortes incertitudes" concernant "l'évolution des tensions géopolitiques, l'évolution des taux d'intérêt, l'évolution des aléas climatiques", a insisté le ministre.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure lors d'une conférence de presse à Bercy, le 11 septembre 2026
Le ministre de l'Economie Roland Lescure lors d'une conférence de presse à Bercy, le 11 septembre 2026 ( LOU BENOIST / AFP )

Le gouvernement a fait l'hypothèse pour l'an prochain d'une "réduction progressive" des incertitudes géopolitiques, a-t-il indiqué. Il table sur une inflation qui s'établirait à 2,1% cette année et de 1,8% en 2027.

Au vu de la conjoncture moins bonne que prévu, la cible d'un déficit ramené à 5% en 2026, prévue par le gouvernement, "n'est plus une option", a reconnu M. Lescure. "La France aura un déficit supérieur à 5% en 2026", a-t-il dit, sans avancer encore d'objectif de déficit pour 2027. Il était de 5,1% en 2025.

Pour l'an prochain, "nous sommes dans un cadre budgétaire contraint. Pour le dire simplement, nous n'avons plus de gras", a martelé le ministre, sans avancer encore d'objectif de déficit pour 2027.

Il a souligné "la nécessité impérieuse d'adopter un budget le plus tôt possible pour 2027, avant la fin de l'année je l'espère" pour faire face à cette situation.

Avec ces nouvelles prévisions de croissance, "on se rapproche évidemment des 5,3-5,4% de déficit en 2026 que j’annonce depuis des mois, avec de grands risques désormais d’être au-dessus", a réagi le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale Eric Coquerel.

Il a fustigé des "coupes budgétaires aux effets récessifs" prévues pour le prochain budget, et un "refus obstiné de rechercher des recettes" du côté des "ultrariches et très grandes entreprises".

"Acte 1" du budget

Ces nouvelles prévisions, présentées par M. Lescure comme "l'acte 1 de la séquence budgétaire", interviennent alors que le gouvernement planche sur le projet de budget 2027 qui doit être présenté le 30 septembre.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu à la sortie de l'Elysée, à Paris, le 10 septembre 2026
Le Premier ministre Sébastien Lecornu à la sortie de l'Elysée, à Paris, le 10 septembre 2026 ( Ludovic MARIN / AFP )

A la recherche d'économies, le gouvernement a distillé ces dernières semaines différentes options. Il étudie notamment la possibilité d'une moindre revalorisation des pensions les plus aisées.

Le ministre des Comptes publics David Amiel a prévenu vendredi que toute indexation des retraites sur l'inflation serait financée, en proportion, par la suppression partielle voire totale de l'abattement de 10% sur les pensions et rentes dont bénéficient les retraités.

Le budget 2027 "nécessitera un effort partagé, mais un effort qui devra préserver nos moteurs de croissance", a souligné Roland Lescure.

M. Lecornu a notamment promis aux grandes entreprises de baisser dans le prochain budget la surtaxe exceptionnelle sur leurs bénéfices, espérant ainsi préserver une politique de l'offre qu'il estime source de croissance.

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