Hier à Wall Street : le Moyen-Orient et les taux ignorés grâce aux semi-conducteurs
(Zonebourse.com) - Wall Street a totalement ignoré la géopolitique et la remontée des taux vers leurs pires niveaux de l'année 2026 (5,16% pour le "30 ans"), et depuis mi-février 2025, dans le sillage d'un baril de WTI remonté de 67 USD le 2 juillet à 84,95 USD ce 21 juillet ( 25%), ou du Brent qui flirte avec les 92 USD ( 30% depuis le 2 juillet). Ainsi, le S&P 500 s'est adjugé 0,89% à 7 509, le Dow Jones a pris 0,74% à 52 225 et le Nasdaq 100 a grimpé de 1,93% à 29 155.
Tous les aspects négatifs ont été complètement gommés par l'envolée des semi-conducteurs, avec un SOXX qui explose de 5,5% dans le sillage de Sandisk ( 14,3%), Western Digital ( 12,5%), Micron ( 12,2%), Intel ( 8,6%), ARM ( 7,5%), Applied Materials ( 7,4%) et Supermicrocomputer ( 7%), sans oublier les 19% de Nebius, qui se revendique comme fer de lance dans l'industrie de l'IA.
Aucun résultat n'est encore sorti, mais c'est de nouveau l'euphorie. Le mot d'ordre est de ne pas prendre le risque de manquer le train avec l'anticipation de résultats stratosphériques : le full risk on est de retour.
Les scores du jour semblent ne refléter aucune ambiguïté sur une vague de fond acheteuse ( 1,9% pour le Nasdaq 100, revenu bien au-delà de l'ex-support des 29 030 points), 0,9% sur le S&P 500 (qui refranchit les 7 500) et 0,75% pour le Dow Jones.
La réalité est bien moins souriante, puisque le ratio advance/decline est négatif pour les trois indices, notamment le S&P 500, avec six replis pour cinq hausses, et 49 contre 51 à la baisse pour le Nasdaq 100.
La décrue du "VIX" (-8,6% vers 17) est impressionnante pour une séance où les replis dominent et où les taux culminent.
Quelques opérateurs savent-ils qu'un cessez-le-feu de 10 jours est imminent entre l'Iran et les États-Unis ?
Cette rumeur circule depuis ce week-end. Wall Street semblait y croire lundi à l'ouverture ( 1,5% pour le Nasdaq 100), avant de déchanter avec l'avalanche de dépêches témoignant d'une intensification des bombardements et de victimes parmi les soldats américains en Jordanie.
Lors d'une interview donnée en toute fin d'après-midi, Trump a réaffirmé que l'Iran "supplie pour conclure un accord".
Cet élément de langage a été servi à la presse une cinquantaine de fois au minimum depuis fin mars, provoquant, à force de répétition et de ventes à découvert d'initiés, une nette décrue du pétrole. Mais, du côté des spécialistes du pétrole, cela semble moins bien fonctionner depuis début juillet et se heurter à un fort scepticisme depuis le 13 juillet (le WTI cotait alors entre 72,5 et 73 USD).
D. Trump a rappelé que les États-Unis ont détruit la marine iranienne, l'armée de l'air, les radars, les défenses aériennes et "98%, certains disent 99%" de ses missiles et drones, ce que tout le monde sait être faux au vu des dernières frappes visant la Jordanie, le Bahreïn et le Koweït. Et, pour la 58e fois, il déclare : "Nous gagnons de façon écrasante."
Pas de réaction négative aux annonces de Donald Trump concernant des droits de douane portés à 50% sur un éventail de produits en provenance du Canada, notamment agricoles et forestiers (l'énergie et les minerais ne sont pas touchés).
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source : AOF
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