Bercy publie un projet de dépenses ultramaîtrisées pour 2027

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Le Premier ministre Sébastien Lecornu (g) et le ministre des Comptes publics David Amiel à la sortie de l'Elysée, le 10 juin 2026 à Paris
Le Premier ministre Sébastien Lecornu (g) et le ministre des Comptes publics David Amiel à la sortie de l'Elysée, le 10 juin 2026 à Paris ( Ludovic MARIN / AFP )

Le gouvernement publie jeudi son projet de dépenses pour un budget 2027 "de sauvegarde républicaine", selon le ministre des Comptes publics David Amiel, marqué par une hausse des dépenses de l'Etat quatre fois inférieure à l'inflation, hors défense et intérêts de la dette.

Bercy a transmis mercredi soir aux commissions des Finances du Parlement ce document annuel fixant les "plafonds de dépenses du projet de loi de finances pour 2027", le "tiré à part" en jargon budgétaire, dont l'AFP a obtenu une copie.

En juin, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait écrit aux ministres pour leur demander de revoir à la baisse leurs demandes initiales.

Résultat, hormis la hausse des dépenses de Défense (+6,4 milliards d'euros) et la charge de la dette (+12,3 milliards), le gouvernement affiche l'ambition de limiter l'an prochain la progression des dépenses ministérielles à 0,4%, "soit quatre fois moins que l'inflation attendue en 2027".

Ainsi, hors Défense, les crédits des ministères n'augmenteront que de 1,5 milliard d'euros au total, à raison de 1,5 milliard d'euros pour l'Ecologie, notamment après les épisodes de canicule, 0,8 pour l’Enseignement scolaire, 0,6 pour la Recherche et l'enseignement supérieur, ou 0,4 pour la Justice.

"Livre ouvert"

En revanche, la mission Travail perdrait 2,8 milliards, l'Aide publique au développement 0,3, les missions Agriculture et Santé 0,1 milliard chacune

Au total, les dépenses de l'administration centrale sont fixées à 708,4 milliards d'euros pour l'an prochain.

Mais celles de la Sécurité sociale "croîtront plus vite que l'inflation", remarque le document, pour progresser de 17 milliards d'euros à 838,3 milliards.

Le gouvernement demandera également aux collectivités territoriales, dont il ne maîtrise pas les budgets, de ne pas augmenter leurs dépenses au-delà de l’inflation en 2027.

"Ce budget doit être un budget de sauvegarde républicaine, ce n’est pas un budget pour régler des comptes idéologiques, puisqu'il y aura des élections en 2027", a noté jeudi sur franceinfo David Amiel.

"Mais pour que ces élections présidentielles puissent se dérouler dans un climat économique serein, pour que le prochain président de la République, la prochaine majorité, puissent avoir des marges de manœuvre, on a besoin d'avoir un budget qui continue à réduire le déficit", a plaidé le ministre.

Cette année, Bercy a procédé par une démarche "inédite", confier à quatre économistes reconnus, d'écoles économiques différentes, le soin d'examiner les comptes publics "à livre ouvert" depuis fin mai, a rappelé M. Amiel.

"Machine infernale"

Leur rapport rendu mercredi est alarmant, signalant que le déficit public, prévu à 5% du PIB cette année - et donc bien supérieur aux 3% exigés par Bruxelles - pourrait déraper à 5,9% l'an prochain, et même 6,8% en 2030, à "politique économique inchangée".

Ils préconisent un effort de 126 milliards d'euros d'ici à la fin du prochain quinquennat, à entamer impérativement dès 2027. L'inaction l'an prochain, préviennent-ils, aurait "un coût rédhibitoire", et, a estimé M. Amiel, entraînerait "un très grand décrochage".

"Il faut stopper cette machine infernale de la dette publique qui nous étrangle", a-t-il lancé.

Dans leur rapport, les économistes n'excluent pas qu'il faille recourir à des hausses d'impôts pour arriver à rattraper le déficit, dans une moindre mesure toutefois que les baisses de dépenses.

"Nous voulons éviter que les déficits d'aujourd'hui ne deviennent une avalanche d'impôts demain, c'est pour cela qu'il faut agir tout de suite", a remarqué M. Amiel.

Le ministre est attendu jeudi après-midi devant la Commission des finances de l'Assemblée nationale pour s'expliquer devant le députés sur le contenu du "tiré à part".

Celui-ci ne reflète à ce stade que la volonté du gouvernement. Car, comme en 2025 et 2026, c'est-à-dire depuis la dissolution, le budget évoluera sans doute, afin de trouver un compromis avec les oppositions.

Bercy a indiqué mercredi compter sur la mission des économistes pour "que les choix qui seront faits dans les prochains mois le soient de manière éclairée".

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