Trump dit vouloir "beaucoup aider" le Liban en recevant le président Aoun
Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase.
"Nous allons l'aider. Nous allons beaucoup l'aider", a affirmé Donald Trump aux côtés de son homologue libanais devant la presse réunie dans le Bureau ovale.
Le président américain a ensuite annoncé sur son réseau Truth Social la reprise des vols commerciaux directs entre les Etats-Unis et le Liban, suspendus depuis plus de quarante ans, invitant les Américains à "visiter ce magnifique pays".
L'interdiction avait été prononcée en 1985 après le détournement d'un avion et la prise en otage de 39 passagers américains par des Libanais chiites.
Cette décision représente une "opportunité majeure" pour l'économie libanaise et les relations avec Washington, a salué le Premier ministre libanais Nawaf Salam.
La première rencontre entre les deux chefs d'Etat intervient alors que Washington presse Beyrouth de désarmer le Hezbollah pro-iranien, une condition posée par Israël pour son retrait du sud du Liban.
Pendant l'entrevue, Joseph Aoun a insisté sur la nécessité d'un "retrait total" israélien pour avancer dans la mise en oeuvre de l'accord-cadre conclu le mois dernier sous l'égide des Etats-Unis, a fait savoir son bureau.
Instabilité
En vertu de cet accord, qui prévoit son déploiement dans des "zones pilotes" évacuées par Israël, l'armée libanaise a commencé mardi à se déployer à Zawtar al-Gharbiya.
Mais, signe de l'instabilité de la situation, elle a accusé les forces israéliennes d'avoir "ouvert le feu" à proximité de ses unités, dénonçant une "agression" susceptible de nuire à l'accord.
L'armée israélienne a elle déclaré avoir tiré "des coups de semonce en l'air" après l'entrée de soldats libanais dans une zone qui "ne faisait pas partie de la zone pilote".
Selon les médias d'Etat libanais, les forces israéliennes ont aussi brièvement détenu trois hommes du village méridional de Chebaa, à majorité sunnite, près de la frontière.
Cette première étape du déploiement militaire libanais constitue un "véritable test", d'abord quant à "la volonté de l'armée israélienne de se retirer" des zones qu'elle occupe réellement, mais également "de la position du Hezbollah" qui rejette l'accord, commente pour l'AFP l'analyste Hassan Jouni.
Première depuis 2009
La visite de Joseph Aoun est la première d'un président libanais à Washington depuis 2009.
Elu en janvier 2025 avec le soutien de l'Occident, cet ancien commandant en chef de l'armée s'est engagé à désarmer le Hezbollah, qui refuse cette perspective et a entraîné le pays début mars dans une nouvelle guerre avec Israël, en solidarité avec l'Iran.
Plus de 4.300 personnes ont été tuées depuis dans des frappes massives de l'armée israélienne, qui a également mené une offensive terrestre et occupe une large partie du sud du Liban.
Les violences ont baissé d'intensité depuis que le Liban et Israël ont entamé en avril des négociations, dans une tentative de dissocier le dossier libanais de la guerre régionale.
A l'issue de la rencontre mardi, le président libanais a également remercié Donald Trump pour son soutien aux "institutions légitimes et aux forces armées libanaises".
"Sans les FAL, tout s'effondrera. Nous ne voulons pas ça. Je pense que le président Trump ne veut pas ça", a déclaré Joseph Aoun, ce à quoi Donald Trump a répondu avoir "des projets très concrets en vue" pour aider l'armée libanaise.
Mais en contrepartie, Donald Trump "voudra sans doute obtenir de nouvelles preuves du sérieux des engagements de Joseph Aoun" à désarmer le Hezbollah et à parvenir à la paix avec Israël, estime Robert Satloff, directeur exécutif du Washington Institute.
Devant la presse mardi, Donald Trump s'est dit prêt à discuter avec le Hezbollah.
"Je peux parler avec tout le monde", a-t-il assuré, et "si le président (Aoun) voulait que je parle avec le Hezbollah, je le ferais".
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