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Retailleau veut mettre les villes de LFI "sous surveillance"

| AFP | 134 | 5 par 1 internautes
Le président de LR Bruno Retailleau le 5 mars 2026 au Blanc Mesnil, près de Paris
Le président de LR Bruno Retailleau le 5 mars 2026 au Blanc Mesnil, près de Paris ( JULIEN DE ROSA / AFP/Archives )

Après avoir fait de LFI sa cible prioritaire pendant les élections municipales, le patron de LR Bruno Retailleau enfonce le clou en annonçant vendredi la mise "sous surveillance" des villes dirigées par le parti de Jean-Luc Mélenchon.

C'est un choix symbolique: Bruno Retailleau a lancé son "observatoire des villes LFI" à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), en région parisienne, aux côtés de la maire LR Kristell Niasme, qui a battu en 2025 l'Insoumis Louis Boyard lors d'une élection partielle et a été reconduite dès le premier tour lors des récentes municipales.

Une ville de banlieue où, selon les dirigeants de LR, la droite a contribué à faire barrage à la gauche radicale. Un terrain a priori favorable à LFI, qui lors des élections municipales des 15 et 22 mars, a effectué une percée dans les quartiers populaires des grandes agglomérations en remportant notamment Saint-Denis, Roubaix, Vénissieux et Vaulx-en-Velin.

"La nouvelle France de Jean-Luc Mélenchon, ce n'est pas notre France", a affirmé l'ancien ministre de l'Intérieur, qui s'est lancé dans la course à l'Elysée début février.

L'observatoire, qui sera présidé par Kristell Niasme, aura pour mission de documenter et "nourrir des preuves à travers les déclarations, les méthodes et les pratiques" des mairies LFI pour ensuite les mettre à disposition des citoyens, des associations et des élus.

Bruno Retailleau a évoqué la possibilité pour son parti de "saisir la justice" dans certains cas pour dénoncer des mesures adoptées ou des propos tenus par les élus municipaux du parti de gauche radicale.

Lors de la conférence de presse, le patron de LR n'a pas pris de gants pour attaquer les Insoumis.

Traitant Jean-Luc Mélenchon de "leader maximo", il a dénoncé tour à tour "le communautarisme", le "racialisme", le "terrorisme intellectuel" et la "violence" de LFI, parti qu'il a traité de "séditieux".

Le patron de LR s'est engagé "à ne rien laisser passer" de la part des Insoumis qui le lui rendent bien.

"Pour faire gagner du temps à M. Retailleau je lui révèle les raisons de nos succès politiques", a réagi auprès de l'AFP le député Insoumis Paul Vannier qui présente son parti comme "un mouvement populaire à la ligne claire (dont) les élus ne trahissent pas les électeurs".

"C'est open bar ! "

"Des facteurs de réussite hors de portée pour l'animateur contesté d'un microparti en voie de dissolution dans le lepenisme qu'est M. Retailleau", a fustigé le député de LFI.

Lors de la campagne des municipales, Bruno Retailleau avait déjà dénoncé les "accords de la honte" entre la gauche et LFI dans plus d'une centaine de villes.

Il a appelé au "barrage" contre le mouvement mélenchoniste. La droite a d'ailleurs remporté la victoire face à des alliances entre la gauche et LFI, notamment à Toulouse ou Besançon, mais sans y parvenir à Lyon ou à Nantes.

A Paris et à Marseille, les candidats socialistes victorieux Emmanuel Grégoire et Benoît Payan avaient refusé de s'allier aux Insoumis.

"Là, c'est open bar", dit un cadre du parti qui reconnaît que la direction a donné carte blanche à tous ses membres pour attaquer les Insoumis.

"Le RN s'en moque et leur fait des mamours sur les plateaux TV", ajoute ce responsable qui trouve Edouard Philippe et Gabriel Attal beaucoup plus prudents sur LFI que LR, "alors que l'électeur de droite éprouve une terreur quasi existentielle" face à la gauche radicale.

"Nous sommes farouchement hostiles à LFI", souligne l'entourage de Bruno Retailleau. "Nous voulons combattre un mouvement qui est un vrai ennemi".

Souvent dispersés voire opposés, les LR se retrouvent tous derrière cette campagne, même les plus centristes d'entre eux.

"Il a raison", reconnaît un député qui préfère que son patron de parti dise du mal de Jean-Luc Mélenchon plutôt que des macronistes.

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