Municipales: depuis Perpignan, Bardella appelle la gauche "modérée" à "rompre" avec LFI
Jordan Bardella a appelé samedi la gauche "modérée" à "rompre définitivement avec LFI", sonnant la charge, lors d'un meeting à Perpignan, contre le parti de Jean-Luc Mélenchon qui doit lui succéder dimanche dans la cité catalane pour une "riposte antifasciste", à deux semaines des élections municipales.
Dans le laboratoire perpignanais du frontisme municipal, le président du parti à la flamme s'est de nouveau lancé dans une diatribe contre le leader Insoumis, agitant l'affaire du meurtre du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque, pour laquelle des membres du mouvement antifasciste de la Jeune garde sont mis en examen.
"J'appelle la gauche dite modérée, si elle existe encore dans notre pays, à rompre définitivement avec LFI, à refuser toute alliance de second tour qui serait pour eux et pour toute la classe politique la marque du déshonneur", a-t-il poursuivi. Un message notamment envoyé au Parti socialiste qui, face aux polémiques à répétition frappant les Insoumis, prend ses distances sans toutefois écarter des accords "au cas par cas" pour le scrutin à venir.
"Affirmation"
Dénonçant "le climat de violence méthodiquement construit et installé dans le pays par M. Mélenchon et par ses amis", M. Bardella a voulu jouer le contraste, alors que son parti est embarqué dans une longue entreprise de dédiabolisation.
"Je le redis aujourd'hui devant vous très solennellement: la violence n'a pas sa place dans la République (...) et avec nous, vous pouvez en être persuadé, elle ne l'aura jamais", a-t-il promis dans un discours en partie prononcé dans le noir après une coupure d'électricité.
Faute de courant et de musique, le meeting s'est achevé par une Marseillaise chantée a capella par le public. Louis Aliot a plus tard expliqué à des journalistes qu'"un relais a été détérioré volontairement" et qu'il soupçonnait "peut-être pas la CGT mais (...) cette mouvance d'extrême gauche".
Respectabilité donc, mais aussi crédibilité alors que Perpignan, ville-vitrine du RN conquise en 2020 par Louis Aliot, doit faire office de poste avancé dans la conquête du pouvoir en 2027. Afin de faire oublier certaines expériences catastrophiques après les éphémères conquêtes de Toulon, Vitrolles ou Marignane en 1995.
M. Bardella a fait de la capitale catalane "le symbole d'un sursaut".
"Le premier mandat était celui du redressement. Le prochain devra être celui de l'affirmation et du développement pour tous", a plaidé de son côté Louis Aliot. Même si son sort est suspendu à la décision de la cour d'appel de Paris le 7 juillet, qui pourrait le contraindre à démissionner, en cas de réélection, s'il était condamné dans l'affaire des assistants des eurodéputés du FN.
Une incertitude judiciaire qui frappe également Marine Le Pen, en déplacement samedi dans le Var où elle a exhorté les électeurs à se mobiliser dans ce département phare pour le Rassemblement national qui y présente 25 listes. "Devenez des agents recruteurs pour qu'enfin chacun puisse décider de son avenir et voter lors des municipales !", a-t-elle demandé à ses partisans.
Riposte insoumise
Car de ce côté-là du bassin méditerranéen, le RN rêve notamment de faire basculer Toulon, où la députée Laure Lavalette est donnée favorite.
Face à cette offensive du RN, les Insoumis tenteront donc de répliquer dimanche dans la même ville de Perpignan, au palais des congrès.
LFI veut faire de ce meeting de soutien au candidat Mickaël Idrac une "riposte antifasciste" après avoir réuni 2.000 personnes à Lyon jeudi.
Un rassemblement qui a accouché d'une nouvelle polémique pour M. Mélenchon, accusé d'antisémitisme après avoir ironisé sur la prononciation du nom du délinquant sexuel américain, Jeffrey Epstein.
De nombreux cadres LFI, comme Manuel Bompard, Clémence Guetté et Paul Vannier sont attendus dans la préfecture des Pyrénées-Orientales. Sous le feu des critiques, ulcérés par la validation par le Conseil d'Etat de leur classement à "l'extrême gauche" pour les municipales, les Insoumis ciblent en retour "une clique d'irresponsables qui tente de criminaliser l'antifascisme".
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