Homicide de Quentin Deranque: le 7ème mis examen finalement écroué
Un des hommes mis en examen pour "homicide volontaire" dans l'enquête sur la mort du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque à Lyon, initialement laissé en liberté, a finalement été écroué jeudi, a annoncé la Cour d'appel à l'AFP, alors qu'une vidéo montrant la victime après son agression circule sur internet.
Saisie sur appel du parquet, la chambre de l’instruction de la cour a infirmé la décision du juge des libertés et de la détention, et ce suspect, âgé de 25 ans, a été placé en détention provisoire, comme les six autres hommes mis en examen dans ce dossier.
Quentin Deranque, 23 ans a été violemment roué de coups au sol par plusieurs personnes cagoulées le 12 février à Lyon, après un affrontements entre deux groupes de militants d'ultradroite et d'ultragauche. Il a succombé à ses blessures deux jours plus tard.
Après une vague d'interpellations les 17 et 18 février, six hommes ont été mis en examen pour "homicide volontaire", soupçonnés d'avoir directement porté des coups, et un pour "complicité".
Âgés de 20 à 26 ans, les sept sont, selon une source proche du dossier, "connus pour être soit membres, soit proches" de la Jeune Garde Antifasciste, un mouvement d'ultragauche fondé en 2018 à Lyon par le député LFI Raphaël Arnault et dissous en juin. Deux étaient collaborateurs du parlementaire à l'Assemblée nationale.
Un seul avait été remis en liberté sous contrôle judiciaire, les six autres écroués.
Mercredi, deux autres hommes, de 22 et 26 ans, ont été interpellés dans le cadre de l'enquête et placés en garde à vue. Avec ces deux-là, "on pense désormais avoir tous ceux qui ont participé directement aux coups portés à Quentin Deranque", avait annoncé jeudi à l'AFP une source proche de l'enquête.
Le quotidien Le Progrès a par ailleurs publié le son d'une vidéo, visible sur d'autres sites sur internet, où l'on voit Quentin Deranque juste après son agression.
Sur la courte séquence d'une trentaine de secondes, visiblement tournée tout près du lieu de son agression, le jeune militant la tête sous une capuche et les mains tachées de sang.
Il se tient debout à côté d'un ami, qui a lui aussi une main tachée de sang, avec lequel il marchera jusqu'au quai Fulchiron où les deux seront pris en charge plus tard par les secours.
Une source au sein du groupe nationaliste lyonnais Audace a confirmé à l'AFP qu'il s'agit bien de Quentin Deranque et son ami.
Durant cette courte séquence, les deux militants sont passifs, on ne les voit pas parler. Ils regardent cinq ou six habitants ou passants autour d'eux, qui échangent entre eux sans que l'on sache qui parle, et s'inquiètent notamment de l'état de santé des deux blessés.
-"Il s'est fait taper sur la tête monsieur". dit une dame.
-"Non mais c'est des trucs qu'ils assument. Ils étaient là pour ça je pense", dit une voix d'homme.
-"C'était une bagarre organisée, il y a deux groupes qui se sont bagarrés", abonde un autre.
-"Je pense qu’il faut qu'il aille à (l’hôpital) Saint-Jo(seph) car il a l’air d’aller vraiment mal...", suggère encore un homme.
-"Oui, c’est ce que je dis, il faut qu’il aille à l’hôpital...", abonde la dame.
"Mais s'il ne veut pas de problème avec la police je pense qu'il faut qu'il parte", poursuit le même homme.
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