Dernières manœuvres au PS et chez Les Ecologistes pour sortir de l'impasse de la primaire
Bloqués dans leur stratégie pour la présidentielle, le patron des socialistes, Olivier Faure, et la cheffe des Ecologistes, Marine Tondelier, qui défendent une primaire de la gauche de plus en plus hypothétique, réunissent leurs plus hautes instances mardi dans l'espoir d'une sortie de crise avant l'été.
Au PS, qui n'a toujours pas choisi de candidat et est plus divisé que jamais, un Conseil national, sorte de parlement du parti, est convoqué dans la soirée.
Objectif: débattre de "la stratégie du PS pour la présidentielle" et trancher la question qui sera soumise au vote des militants le 9 juillet concernant le processus de désignation du candidat.
Pour certains, ce pourrait être le leader de Place publique, Raphaël Glucksmann, crédité autour de 13% des intentions de vote. L'eurodéputé, pas encore officiellement candidat, refuse de participer à une primaire, comptant sur les sondages pour s'imposer comme le vote utile à gauche.
D'autres n'excluent pas la candidature de l'ancien président, François Hollande.
Pour tenter de faire converger tout le monde, Olivier Faure avait proposé une première désignation, au sein de l'espace socialiste et social-démocrate, d'un candidat qui participerait ensuite à une primaire élargie avec Les Écologistes et le reste de la gauche non-mélenchoniste.
Face au refus de ses opposants, il propose toujours une première sélection entre PS et Place publique, mais la participation à la deuxième primaire serait au bon vouloir du vainqueur.
Une telle proposition laisserait entrevoir la candidature probable d'Olivier Faure. Elle s'ajouterait aux candidatures officielles du député Jérôme Guedj, du maire de Saint-Ouen, Karim Bouamrane et, dernière en date, du député Philippe Brun.
Mais il n'est pas certain que le Conseil national parvienne à un accord, et l'hypothèse de deux propositions, issues de chaque camp, tient la corde.
"Il y a un accord sur l'idée qu'il faut un départage démocratique" du camp social-démocrate, mais "sur des bases qui n'ont pas fait consensus", a expliqué Olivier Faure.
Un vote à 20 euros?
Subsiste notamment une divergence sur le corps électoral.
Olivier Faure va proposer une contribution au vote de 2 euros. Ses opposants autour de 20 ou 30 euros, par "crainte d'une infiltration des insoumis".
"Ca dit quelque chose de nous de vouloir faire payer 20-30-40 euros", se désole Olivier Faure.
"On peut refaire un truc en huis clos, où personne ne s'approprie cette candidature. On l'a déjà fait, ça a donné Anne Hidalgo", candidate socialiste à la dernière présidentielle, avec un score de 1,7% des voix. Il argue qu'une primaire ouverte donne "un élan populaire".
"Le sujet, ce n'est pas le montant de cotisation. Le débat, c'est +une primaire ouverte+ contre +un vote des militants+", rétorque le camp de Boris Vallaud.
Autant de tergiversations qui exaspèrent les partisans de la primaire.
"Nous ne soutiendrons pas un choix et une candidature qui ne seraient pas issus d'un processus de primaire", ont écrit dans un courrier adressés aux socialistes les unitaires de gauche (Les Ecologistes, L'Après, Debout et Génération.s).
"Avant de partir en vacances, il y aura un projet et une méthode", promet Olivier Faure. "Mais il restera la question pendante: comment on rassemble l'espace socialiste et Les Ecologistes".
Car un processus qui laisserait au vainqueur le choix de participer ou non ensuite à une primaire ne convient pas à Marine Tondelier.
"On ne va pas attendre le 30 septembre", tempête la patronne des Écologistes, candidate à ce processus de départage.
Elle a donc lancé une consultation de ses propres militants, du 1er au 6 juillet, pour acter en cas d'échec de primaire que la campagne des Ecologistes se poursuivra autour de sa candidature.
De quoi faire bondir ses opposants internes, qui réclament de pouvoir discuter de toutes les alternatives possibles, y compris celle de ne pas avoir de candidat autonome et de se ranger derrière une autre personnalité de gauche.
Certains sont plus enclins, comme le sénateur Yannick Jadot, à choisir Raphaël Glucksmann. D'autres, à l'instar de Sandrine Rousseau, plaident pour rejoindre Jean-Luc Mélenchon, qui leur a déjà tendu la main.
Les opposants à Marine Tondelier ont obtenu la tenue, mardi également, d'un Conseil fédéral extraordinaire, où ils espèrent pouvoir reformuler ce qui sera proposé aux militants.
■
Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote