Délogés de locaux municipaux, les syndicats protestent contre le maire RN de Carcassonne
Environ 200 syndicalistes se sont rassemblés mercredi devant la bourse du travail de Carcassonne, un bâtiment municipal dont le maire RN veut déloger plusieurs organisations syndicales hostiles à son égard, a constaté un journaliste de l'AFP.
Le 30 avril, au lendemain d'une manifestation contre ses premières mesures, Christophe Barthès, élu en mars à la tête de cette ville de 50.000 habitants, a appelé la CGT, FSU, Sud et CFDT à restituer les bureaux qu'ils occupent gratuitement, dans le centre de Carcassonne.
"CFDT, Sud, CGT et FSU ont choisi de s'opposer au choix exprimé par les Carcassonnais le 22 mars dernier. Ces syndicats nationaux ont profité pendant trop longtemps des largesses des contribuables", avait-il alors déclaré.
Présent lors du rassemblement de mercredi, Patrick Borde, co-secrétaire départemental de la FSU, syndicat majoritaire dans l'éducation, juge l'argument du maire "honteux" et dénonce une "atteinte à la liberté d'expression, de manifester".
"Notre activité, elle est dans le sens de l'intérêt général. Ces locaux, c'est un lieu de travail, destiné à accueillir les salariés du privé et du publics qui en ont besoin. (...) Si un maire RN engage des représailles car des syndicats manifestent. Que se passera-t-il dans le pays si le candidat RN est élu en 2027", s'interroge le syndicaliste.
Ancien agriculteur et ex-responsable départemental du syndicat agricole Coordination rurale, le maire de Carcassonne assure qu'il respecte la liberté syndicale, "mais profiter des largesses de ceux que l'on dénigre, je regrette mais c'est terminé".
Depuis sa prise de fonction, Christophe Barthès a déclenché des polémiques en retirant le drapeau européen de la façade de la mairie, retiré la subvention municipale à la Ligue des droits de l'Homme (LDH) pour avoir contesté en justice un arrêté anti-mendicité.
Les syndicats menacés d'expulsion comptent s'opposer en justice à la mesure d'expulsion.
Dans une lettre adressée aux ministres de l'Intérieur et du Travail, les principaux syndicats nationaux, CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, UNSA, FSU et Sud ont pointé "la mauvaise foi politique" de la municipalité RN.
"À Carcassonne, comme ailleurs, les locaux syndicaux et les Bourses du travail, ne sont pas pas des locaux municipaux comme les autres. Comme partout en France, il s'agit de lieux historiques d’accueil, d’organisation et de défense des travailleurs et travailleuses", souligne le communiqué.
Dans ce texte, les états-majors syndicaux appellent le gouvernement à "intervenir afin que soit garanti le respect des libertés syndicales et des principes républicains". "Dans une démocratie, les syndicats ne doivent jamais être réduits au silence par le pouvoir politique", poursuit le communiqué.
D'après les syndicats, la décision du maire de Carcasonne contrevient à la Convention sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical de 1948.
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