Colère lycéenne: nouvelle journée d'action jeudi, les représentants lycéens et étudiants veulent être reçus par Lecornu

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Des manifestants bloquent l'accès au lycée Hélène Boucher à Paris le 7 octobre 2026
Des manifestants bloquent l'accès au lycée Hélène Boucher à Paris le 7 octobre 2026 ( JULIEN DE ROSA / AFP )

Des organisations de lycéens et d'étudiants demandent à être reçus par le Premier ministre Sébastien Lecornu, faute de "mesure concrète" annoncée selon eux à ce stade par le gouvernement, qui multiplie les signes d'apaisement pour mettre fin à la crise, à la veille d'une nouvelle journée d'actions jeudi, "acte IV" du mouvement.

"Nous avons des propositions chiffrées que nous allons présenter et c'est pour ça que nous demandons dès la semaine prochaine un rendez-vous avec" le Premier ministre, a déclaré à la presse Ryad Rani, président de l'Union syndicale lycéenne (USL) devant le ministère de l'Enseignement supérieur.

Dans une allocution prononcée depuis Matignon, Sébastien Lecornu a réaffirmé que "les premières décisions du gouvernement seront présentées à la fin du mois d'octobre" pour répondre à la crise.

"La colère des jeunes ne vient pas de nulle part. Nul ne peut être indifférent aux angoisses qu'ils expriment", a-t-il également déclaré.

Le Premier ministre avait plaidé pour organiser des demi-journées "banalisées", sans cours dans les lycées pour permettre aux élèves et personnels de faire remonter leurs difficultés.

Lycéens sceptiques

Une initiative qui a laissé sceptiques bon nombre de lycéens, pour qui les ministres "ne prennent pas au sérieux" les élèves, juge Clara (prénom modifié), en seconde au lycée Condorcet à Paris.

Devant son établissement dont l'entrée est barrée par un amoncellement de poubelles, elle estime que ces temps d'échanges ne seront "intéressants" que s'ils débouchent sur "des mesures concrètes".

Le principal syndicat des chefs d'établissement, le SNPDEN-Unsa, refuse de mettre en place cette journée et exige d'être reçu, avec des élèves, par le président Emmanuel Macron.

A la veille d'une nouvelle journée d'action, et alors que la mobilisation lycéenne a observé un répit mercredi, le gouvernement a multiplié les signes d'apaisement.

Les forces de l'ordre "n'ont pas pour instruction d'affronter les lycéens", a assuré Sébastien Lecornu dans son allocution.

Plus tôt mercredi, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé la suspension de l'usage des grenades assourdissantes "tant que la lumière n'a pas été faite" sur celle qui a blessé un adolescent de 15 ans à Lens (Pas-de-Calais).

Devant la commission des lois de l'Assemblée nationale mercredi, le ministre, a défendu, droit dans ses bottes, sa gestion du maintien de l'ordre et a rejeté tout changement de doctrine.

Depuis le début du mouvement le 28 septembre, 215 élèves, 89 personnels de l'Éducation et 761 policiers et gendarmes ont été blessés, et 6.629 personnes ont été interpellés, a-t-il précisé en préambule devant les députés.

Au total, 18 enquêtes de la "police des polices" ont été ouvertes, a-t-il indiqué.

Soutien syndical

Le mouvement en "net recul" mercredi à la mi-journée selon le ministère de l’Éducation, a reçu le soutien de plusieurs syndicats de l’Éducation qui ont appelé à une journée de grève et de manifestations.

Et une majorité de Français (55%) approuvent la mobilisation : 26% déclarent la soutenir et 29% expriment de la sympathie pour celle-ci, selon un sondage Elabe pour BFMTV.

Un rassemblement est prévu jeudi à 15H00 place de la Bastille à Paris. En région parisienne, d'autres seront organisés devant des préfectures, à Créteil (Val-de-Marne), Bobigny (Seine-Saint-Denis), Cergy (Val-d'Oise) et Nanterre (Hauts-de-Seine).

"On a prévu une semaine noire, on va bloquer chaque jour jusqu'à samedi", assure Pierre (prénom modifié), en terminale au lycée Condorcet à Paris.

Mercredi, 459 établissements ont connu une suspension totale ou partielle des cours (276 totalement, 183 partiellement), contre 891 mardi, a indiqué le ministère de l’Éducation et "les actions et perturbations" ont concerné 232 établissements, contre 496 mardi.

Parmi leurs revendications, les lycéens demandent la suppression de Parcoursup, ce que refuse le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste.

Un autre front s'est ouvert pour l'exécutif, l'enseignement supérieur, dont 40% des établissements étaient perturbés mardi, selon le ministère.

Titulaire du portefeuille, Philippe Baptiste a reçu mercredi après-midi l'intersyndicale de l'enseignement supérieur, mais celle-ci a quitté la réunion pour protester contre un budget 2027 jugé insuffisant et pour signifier leur soutien au mouvement étudiant et lycéen.

Selon Sabrine Kharbach, porte-parole de l'Union étudiante, une des organisations étudiantes reçues en fin de journée par le ministre, "on a brassé du vent pendant une heure" (...) Monsieur le ministre n'a pu nous donner aucune garantie, n'a rebondi sur absolument rien et n'a repris aucune de nos propositions".

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