Royaume-Uni: Andrew quitte Windsor mais reste au coeur des soupçons
En plein rebondissement de l'affaire Epstein, l'ex-prince Andrew a fini par s'exiler cette semaine loin de Windsor, sans pour autant échapper aux soupçons qui s'accumulent autour de lui.
C'est le Sun qui a révélé le premier, tard mardi, le départ la veille au soir du frère de Charles III de sa luxueuse résidence de Royal Lodge, proche du château de Windsor, à l'ouest de Londres.
Contacté, Buckingham Palace n'a pas officiellement confirmé ce développement. Mais selon une source proche du palais, l'ex-prince réside désormais dans le Norfolk - où se trouve le domaine de Sandringham - même s'il pourrait revenir occasionnellement à Windsor le temps d'une transition.
En octobre, après un nouveau lot de révélations embarrassantes liées au pédocriminel américain Jeffrey Epstein, le monarque avait pris la décision historique de priver Andrew de ses titres royaux. Et sommé son frère cadet de quitter ce manoir où il résidait depuis plus de 20 ans - moyennant un loyer dérisoire - avec son ex-femme, Sarah Ferguson, pour se réinstaller dans une propriété royale de Sandringham, dans le nord-est de l'Angleterre.
Le domaine de Sandringham est propriété privée du roi, à la différence de celui de Windsor, indépendamment géré par un organisme dont l'Etat récupère l'essentiel des revenus.
La fête de Pâques avait été évoquée comme date limite pour ce déménagement, en raison de travaux dans la nouvelle résidence d'Andrew, Marsh Farm. Mais les évènements se sont précipités, le roi étant "de plus en plus préoccupé" par le degré d'implication de son frère dans ce scandale, selon des médias britanniques.
Du coup, Andrew, qui aura 66 ans le 19 février, devrait s'installer temporairement dans une autre demeure de Sandringham, où son père, le prince Philip, avait passé sa retraite.
Danseuses exotiques
Une chose est sûre: les informations qui ont émergé des millions de pages du dossier Epstein publiées vendredi par le ministère américain de la Justice n'ont pu qu'alimenter les soupçons planant sur Andrew.
Sont notamment apparues des photos non datées le montrant agenouillé et penché au-dessus d'une jeune femme au visage caviardé, ainsi que des emails invitant Epstein à Buckingham pour parler en "privé".
Plus grave peut-être: alors qu'Andrew avait déjà été accusé d'agressions sexuelles par Virginia Giuffre, principale témoin à charge du dossier Epstein qui s'est suicidée en avril dernier, une deuxième femme a affirmé, via son avocat, que le financier l'avait envoyée en Angleterre en 2010 pour avoir des relations sexuelles avec Andrew à Royal Lodge.
La police locale a indiqué mardi qu'elle allait "examiner ces informations", mais qu'elle n'avait jusqu'ici pas été contactée par cette femme ni par son avocat.
Mercredi, une lettre a émergé des documents de la justice américaine, dans laquelle un avocat américain réclame, au nom d'une cliente, 250.000 dollars pour ne rien divulguer d'une soirée à West Palm Beach à laquelle elle aurait participé en 2006 avec Epstein et Andrew.
Selon l'avocat, sa cliente aurait été embauchée comme "danseuse exotique" pour cette soirée chez Epstein, à laquelle participaient des jeunes filles qui "semblaient n'avoir pas plus de 14 ans".
Epstein et Andrew auraient proposé à sa cliente des rapports sexuels à trois. La danseuse aurait refusé mais la volonté des deux hommes aurait "prévalu", affirme l'avocat dans cette lettre, en précisant que sa cliente aurait ensuite été payée, mais moins que les 10.000 dollars qui lui avaient été initialement promis pour danser.
- "Une affaire de conscience" -
Andrew, qui a toujours démenti tout comportement illégal, n'a fait aucune déclaration depuis la publication des derniers documents. Il a été aperçu par des photographes se promenant à cheval, lundi, dans le parc de Windsor.
Malgré la réserve traditionnelle du gouvernement sur la famille royale, le Premier ministre britannique Keir Starmer a estimé ce week-end qu'Andrew devrait témoigner devant le Congrès américain sur ce qu'il sait des crimes du financier.
Et selon des sources royales citées par le Daily Mail, le palais estime que témoigner devrait être désormais "une affaire de conscience" pour Andrew.
Pour Ed Owens, expert sur la famille royale, Charles, en "déroyalisant" son frère en octobre, avait déjà fait beaucoup plus que sa mère Elizabeth II.
Mais pour s'assurer du soutien de l'opinion publique, le roi devrait prendre encore plus de distances avec Andrew, estime-t-il: "incarner la morale aidera son règne comme la monarchie".
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