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Guerre au Moyen-Orient: moqués, les influenceurs français à Dubaï face au retour de bâton

| AFP | 347 | 2 par 1 internautes
Une plage déserte sur Palm Jumeirah à Dubaï, le 2 mars 2026 aux Emirats arabes unis
Une plage déserte sur Palm Jumeirah à Dubaï, le 2 mars 2026 aux Emirats arabes unis ( Fadel SENNA / AFP )

"Qu'ils restent à Dubaï": des influenceurs aux millions d'abonnés sur les réseaux sociaux sont la cible de moqueries depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, des internautes dénonçant l'hypocrisie de ces stars du net qui ont quitté la France, souvent pour des raisons fiscales.

D'habitude, les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux de ces influenceurs alternent entre tranches de vie familiale luxueuse et séquences vantant des produits cosmétiques ou autres. Samedi, ces contenus ont laissé place à des messages d'inquiétude et des appels à l'aide après les frappes menées par l'Iran contre ses voisins du Golfe, en riposte aux raids israélo-américains.

"La France, protège-nous!", a ainsi posté la Française Maeva Ghennam (3 millions d'abonnés sur Instagram), qui a bâti sa notoriété sur l'émission de télé-réalité "Les Marseillais".

Des appels rapidement critiqués.

"Les influenceurs de Dubaï, finalement, on est bien en France n’est-ce pas ?" s'est ainsi moqué dimanche sur X Tibo InShape, premier YouTubeur de l'Hexagone avec près de 27 millions d'abonnés.

Le créateur spécialisé dans le contenu sportif a ensuite précisé vouloir simplement "pointer du doigt l’hypocrisie de certains influenceurs".

"Qu'ils restent à Dubaï", "j'espère que l'Urssaf les attend à l'arrivée": de nombreux internautes ont abondé dans son sens.

Train de vie décomplexé

"Ces réactions s'expliquent par leurs prises de position et leurs témoignages expliquant sans cesse qu'il y a plus de sécurité à Dubaï, notamment quand on compare le pays à la France", explique à l'AFP Stéphanie Lukasik, enseignante-chercheuse en sciences de l'information et de la communication.

Un panache de fumée au-dessus du port de Jebel Ali après une frappe iranienne signalée à Dubaï, le 1er mars 2026 aux Emirats arabes unis
Un panache de fumée au-dessus du port de Jebel Ali après une frappe iranienne signalée à Dubaï, le 1er mars 2026 aux Emirats arabes unis ( Fadel SENNA / AFP )

Selon elle, "un certain nombre d'usagers ont trouvé que c'était exagéré de demander de l'aide" alors que "ce sont des influenceurs qui sont très peu reconnaissants vis-à-vis du pays dans lequel ils ont connu leur succès".

"Ils ont un peu tendu le bâton pour se faire battre", résume la spécialiste.

Ces critiques envers la France ont même poussé certains de leurs abonnés à se "détourner de leurs contenus", selon la spécialiste, notamment depuis la loi de 2023 visant à encadrer l'influence et les auditions très relayées de certains influenceurs dans le cadre de la commission parlementaire sur TikTok.

S'ils bénéficient d'une forte visibilité, ces profils issus de la télé-réalité ne représentent qu’environ 1% des influenceurs identifiés en France, rappelle toutefois Florence Euzeby, enseignante-chercheuse et responsable du Master Marketing Digital à l'université de La Rochelle, citant une étude Reech de 2023.

Dubaï héberge plusieurs dizaines de milliers d'influenceurs internationaux, attirés par l'environnement favorable aux affaires, l'absence d'impôt sur le revenu et la possibilité d'y mener un train de vie aussi fastueux que décomplexé.

Cette mégapole de près de 4 millions d'habitants, dont 90% d'expatriés, dispose aussi d'un aéroport parmi les plus fréquentés au monde.

Changement de discours

Dans l'émirat, qui a largement investi dans le tourisme pour se façonner une image de marque globale, les messages angoissés des premières heures ont vite été remplacés par des photos et vidéos de la vie quotidienne laissant entendre un retour à la normale.

Un homme consulte son téléphone portable sur une plage du quartier de Jumeirah à Dubaï, le 2 mars 202 aux Emirats arabes unis
Un homme consulte son téléphone portable sur une plage du quartier de Jumeirah à Dubaï, le 2 mars 202 aux Emirats arabes unis ( Fadel SENNA / AFP )

"Ici, les gens ne s’arrêtent pas de vivre, il n'y a pas de panique", a assuré lundi l'influenceuse Sarah Lopez sur Snapchat. "Le gouvernement fait tout pour nous mettre en confiance", a-t-elle ajouté, avant d'appeler à se méfier des fake news et d'enchaîner sur la promotion d'une marque de bijoux fantaisie.

"Face à la vague de haine", ces créateurs ont changé leur discours car "parler d'insécurité à Dubaï n'était pas compatible avec le mode de vie qu'ils ont choisi ou qu'ils veulent vendre", estime la journaliste Emma Férey, qui a publié en 2024 "Emirage", un roman sur le milieu de l'influence dans cette ville.

Selon elle, "on peut aussi se poser la question de ce que le gouvernement (local) a aussi fait passer comme message".

Ces derniers jours, plusieurs comptes sur X liés aux autorités de Dubaï mettent en garde la population contre le partage "d'informations erronées ou tout contenu qui contredit les annonces officielles".

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