Sophie Binet (CGT) exhorte le gouvernement à inscrire "au plus vite" la loi vie chère outre-mer à l'Assemblée
La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet a appelé mercredi le gouvernement à "renforcer considérablement" et à inscrire "le plus vite possible" à l'agenda de l'Assemblée nationale le projet de loi contre la vie chère outre-mer, voté l'an passé au Sénat.
Évoquant une "situation de crise structurelle" dans les territoires ultramarins, où les prix des produits alimentaires sont jusqu'à 40% plus élevés que dans l'Hexagone, Mme Binet a critiqué le gouvernement qui "se permet d'enterrer le projet de loi vie chère, qui ne comportait déjà pas grand-chose".
"Ce projet de loi doit être inscrit à l'agenda parlementaire le plus vite possible et son contenu doit être considérablement renforcé pour enfin agir sur les points centraux", a-t-elle affirmé lors d'une conférence de presse au siège de la centrale syndicale.
Parmi les priorités citées par Mme Binet figurent la convergence sociale à Mayotte, "l'application de toutes les conventions collectives dans les territoires d'outre-mer", le "plafonnement des marges et un démantèlement des oligopoles", ainsi qu'une conditionnalité des aides publiques aux entreprises.
Initié par l'ex-ministre Manuel Valls et adopté sans enthousiasme en octobre 2025 par le Sénat, qui le jugeait trop timide, le texte n'a toujours pas été déposé à l'Assemblée nationale.
En février, la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou avait indiqué que l'examen du texte était reporté car il devait "être musclé encore davantage". Elle avait évoqué un examen en "juin-juillet", voire à la rentrée parlementaire en septembre.
Présentée comme une "urgence" par le Premier ministre Sébastien Lecornu, la lutte contre la vie chère est une priorité pour les habitants des territoires ultramarins et a été au cœur des manifestations qui ont secoué la Martinique à l'automne 2024.
Selon l'Insee, l'écart de prix pour les produits alimentaires peut atteindre 42% entre les départements et régions d'outre-mer et la France hexagonale.
Cette conférence de presse marquait le lancement d'un "socle syndical commun pour une action coordonnée" entre la CGT et ses confédérations de Martinique, La Réunion et Mayotte, qui dénoncent une "continuité des rapports coloniaux de dénonciation économique, sociale et territoriale".
Les organisations syndicales pointent en particulier le poids des grands groupes, citant le martiniquais GBH présent dans une dizaine de territoires ultramarins via 300 filiales ou l'entreprise de travaux publics Colas, filiale de Bouygues, très présente à Mayotte. Elles réclament la création obligatoire de comités de groupes dans ces entreprises.
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