Rubio tente de relancer le Quad en Inde, sur fond de doutes quant à l'engagement américain
Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio doit rencontrer mardi les représentants de l'Australie, de l'Inde et du Japon pour relancer le "Quad", alliance vue avec circonspection par la Chine, sur fond de désaccords concernant l'Iran et d'interrogations sur l'engagement des Etats-Unis.
Ce sommet à New Delhi intervient dix jours après la visite d'Etat en Chine du président américain Donald Trump, qui a vanté une coopération entre les deux puissances en tant que "G2", concept faisant craindre aux alliés des Etats-Unis, inquiets de la montée en puissance de Pékin, d'être marginalisés.
M. Rubio a pris la mesure symbolique de réunir les ministres des Affaires étrangères du Quad - Dialogue quadrilatéral pour la sécurité - à Washington quelques heures après sa prestation de serment l'an dernier, et ils se sont de nouveau retrouvés à Washington en juillet 2025.
Mais un sommet du Quad attendu l'an dernier n'a pas eu lieu, M. Trump ne s'étant pas engagé à se rendre en Inde pour y participer, malgré la promesse de son prédécesseur Joe Biden que les sommets des dirigeants des quatre pays étaient "là pour durer".
M. Rubio, actuellement en visite en Inde, a dit vouloir jeter les bases d'un sommet du Quad impliquant M. Trump.
"Nous voulons nous assurer (...) que, lorsqu'ils se rencontreront, ils aient des résultats très concrets et des choses qu'ils puissent réellement annoncer", a déclaré M. Rubio dans un entretien à India Today.
Il a indiqué que le Quad pourrait coopérer pour sécuriser l'approvisionnement en minerais dits critiques, l'un des rares domaines dans lesquels l'administration Trump s'est tournée vers une diplomatie plus traditionnelle consistant à bâtir des réseaux avec des alliés, alarmée par la domination de la Chine sur des ressources essentielles aux technologies de pointe.
Désaccords sur l'Iran
M. Rubio a ajouté que le Quad pourrait également renforcer sa collaboration en matière de sécurité maritime, le Japon en particulier s'inquiétant des revendications de la Chine.
Le Japon et l'Inde sont aussi fortement affectés par la flambée des prix du pétrole depuis que l'Iran a pris le contrôle du stratégique détroit d'Ormuz.
Aucun allié des Etats-Unis autre qu'Israël n'a soutenu fermement la décision américaine d'attaquer l'Iran, provoquant la colère de M. Trump, lequel a remis en cause la fiabilité de ses partenaires, qu'il n'avait pourtant pas consultés.
Le Premier ministre australien Anthony Albanese est l'un des rares dirigeants à avoir exprimé une certaine compréhension à l'égard de la guerre, sans toutefois apporter l'assistance de Canberra, s'attirant des critiques de M. Trump.
Japon et Inde entretiennent traditionnellement des relations cordiales avec Téhéran, bien qu'ils se soient pliés à contrecœur aux sanctions américaines visant les achats de pétrole iranien.
Le ministre japonais des Affaires étrangères Toshimitsu Motegi, qui s'est entretenu lundi avec son homologue indien Subrahmanyam Jaishankar, a estimé qu'il était important de se pencher sur une situation de sécurité mondiale "de plus en plus préoccupante".
Lors d'une rencontre avec Marco Rubio dimanche, M. Jaishankar a, lui, minimisé les inquiétudes quant à l'intérêt des Etats-Unis pour le Quad, rappelant que M. Trump l'avait fortement soutenu lors de son premier mandat.
L'ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe avait contribué à dynamiser le "Quad" pour contrebalancer l'influence grandissante de la Chine en Asie-Pacifique.
M. Biden, qui avait fait de la coopération avec les alliés des Etats-Unis une priorité, était favorable à un rôle élargi pour le Quad, incluant une coopération en cas de catastrophe naturelle, sur les chaînes d'approvisionnement et la santé publique.
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