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Renault et Stellantis défendent leurs investissements en France

| AFP | 422 | 5 par 1 internautes
Laurent Alexandre, député LFI, ici à l'Assemblée le 7 mai 2025, fait partie avec Julien Brugerolles (PCF) et Alexandre Loubet (RN), des parlementaires qui ont interpellé Nicolas Tcheng, responsable relations institutionnelles de Renault, sur la stratégie du constructeur automobile.
Laurent Alexandre, député LFI, ici à l'Assemblée le 7 mai 2025, fait partie avec Julien Brugerolles (PCF) et Alexandre Loubet (RN), des parlementaires qui ont interpellé Nicolas Tcheng, responsable relations institutionnelles de Renault, sur la stratégie du constructeur automobile. ( Thomas SAMSON / AFP/Archives )

Pris à partie par des députés pour avoir délocalisé et réduit leur production en France, Renault et Stellantis ont défendu mercredi leurs investissements dans l'Hexagone, estimant que ce recul reflétait la faiblesse de la demande française et en demandant la poursuite des aides aux voitures électriques.

Interpellé en commission par des députés de droite et de gauche, dont Laurent Alexandre (LFI), Julien Brugerolles (PCF) et Alexandre Loubet (RN), Nicolas Tcheng, responsable relations institutionnelles de Renault, a répondu que la production de Renault en France avait augmenté de 5% en 2025, davantage que les ventes mondiales du groupe (+3%) et que Renault avait investi en France "14 milliards d'euros dans son dernier plan stratégique" sur 5 ans.

Le groupe a aussi insisté sur la localisation en France de sa Renault 5 électrique, voiture électrique la plus vendue en France et la deuxième en Europe, qui est assemblée à Douai, avec un moteur produit à Cléon et une chaîne de valeur largement française.

Interrogé sur sa décision de réduire de 15 à 20% ses effectifs mondiaux d'ingénieurs, Renault a insisté sur le maintien de son Technocentre de Guyancourt comme "centre névralgique" mais jugé nécessaire de revoir son organisation pour réduire le délai de sortie de ses nouveaux modèles.

"En France nous avons 39.000 salariés, 12 sites industriels et investissons depuis quatre ans chaque année près de 2,5 milliards d'euros en France", a fait valoir Marie-Agnès Kikano, directrice des Affaires publiques France de Stellantis.

Mais "un véhicule électrique produit en Europe coûte encore 30 à 35% de plus, soit environ 10.000 euros de plus, qu’un véhicule thermique", selon la porte-parole de Stellantis.

Aux côtés du président de Toyota France Florian Aragon, les trois groupes ont souligné le ralentissement des marchés français et européen et la lenteur de l'adoption de l'électrique, en réclamant un assouplissement de la réglementation européenne.

Il manque encore en Europe environ 3 millions de véhicules neufs par an par rapport à 2019, soit "l’équivalent d’une dizaine d’usines de production", a indiqué Renault.

"Aurons-nous encore une industrie automobile demain?", a lancé Nicolas le Bigot, représentant de la Plateforme automobile, qui regroupe les industriels. "Le marché automobile européen est en recul de 2 millions de véhicules depuis 6 ans et le marché français de 25% depuis 2020". "Nous avons perdu un million de véhicules à la production en France depuis 2020 et 40 000 emplois depuis 2019. 75 000 emplois sont à risque d'ici 2035 si rien n'est fait", a-t-il averti.

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