Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      

Mercosur: l'UE va appliquer l'accord de façon provisoire au grand dam de la France

| AFP | 598 | 1 par 1 internautes
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, à Bruxelles, le 27 février 2026
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, à Bruxelles, le 27 février 2026 ( Simon Wohlfahrt / AFP )

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé vendredi que l'UE allait appliquer de façon provisoire l'accord commercial avec les pays du Mercosur, une décision saluée à Berlin, mais condamnée en France, où le président Emmanuel Macron a déploré "une mauvaise surprise".

Les réactions ont de nouveau montré les dissensions qui s'étaient exprimées au sein de l'UE lors de la négociation de ce gigantesque accord.

"Les entreprises et les citoyens des deux continents peuvent enfin bénéficier d'une plus grande prospérité et d'une croissance accrue", s'est félicité le chef de la diplomatie allemande Johann Wadephul, qualifiant l'accord d'"historique".

Contrairement à la France, l'Allemagne, dont l'économie est très dépendante de ses exportations, avait vécu comme un revers la suspension il y a un mois de l'application de l'accord, après un vote d'eurodéputés encouragés par un secteur agricole ayant multiplié les actions de protestation.

Vendredi, dans une courte allocution devant la presse à Bruxelles, Mme von der Leyen a annoncé que la Commission allait désormais "procéder à l'application provisoire" de l'accord. Une décision prise après des échanges "approfondis" avec le Parlement et les États membres, a-t-elle dit.

Les pays latino-américains du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) et l'Union européenne ont signé mi-janvier ce traité créant l'une des plus grandes zones de libre-échange au monde.

Cet accord doit permettre à l'UE d'exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux vers l'Amérique latine tout en facilitant l'entrée en Europe de viande bovine, volailles, sucre, riz, miel et soja sud-américains.

Pour ses détracteurs, cela va toutefois bousculer l'agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l'UE, faute de contrôles suffisants.

L'application du traité avait été suspendue par un vote du Parlement européen, dont les élus ont saisi la justice de l'UE afin de vérifier sa conformité avec les traités européens, une procédure censée prendre plusieurs mois.

Malgré cela, la Commission avait la possibilité d'appliquer l'accord de façon temporaire, après de premières ratifications outre-Atlantique, ce que l'Argentine et l'Uruguay ont fait jeudi.

Comme l'Allemagne, l'Espagne a salué l'annonce de Mme von der Leyen.

"Dans un monde toujours plus incertain, l'Europe ne peut pas se permettre de rester à la traîne. L'accord avec le Mercosur est un grand pas dans la feuille de route de l'UE pour devenir plus autonome et plus résiliente", a justifié le ministre espagnol de l'Économie, Carlos Cuerpo, dans une déclaration transmise à l'AFP.

Mais une pluie de critiques est venue de France.

Emmanuel Macron a regretté que Bruxelles renforce ainsi "l'incertitude" du monde agricole. Il a évoqué "une mauvaise manière" faite au Parlement européen avec ce "choix unilatéral" de l'exécutif bruxellois.

"Déni de démocratie"

Des agriculteurs venus protester avec leurs tracteurs devant le Parlement européen contre le Mercosur le 21 janvier 2026, à Strasbourg
Des agriculteurs venus protester avec leurs tracteurs devant le Parlement européen contre le Mercosur le 21 janvier 2026, à Strasbourg ( Romeo BOETZLE / AFP )

"C'est une grande responsabilité vis-à-vis des agriculteurs qui ont exprimé leurs inquiétudes et pour lesquelles les Européens n'ont pas encore apporté la visibilité nécessaire", a déclaré le président français.

"En pleine semaine du Salon international de l'agriculture, Ursula von der Leyen choisit de passer en force", a dénoncé pour sa part l'eurodéputée française Céline Imart, auprès de l'AFP. Elle a fustigé "le choix du mépris à l’égard du monde agricole".

"C'est un déni de démocratie. Mme von der Leyen s'assoit sur le Parlement de manière très claire, et d'ailleurs aussi sur la Cour de justice de l'Union européenne", a renchéri Arnaud Rousseau, président du premier syndicat agricole en France (FNSEA), depuis le Salon de l'agriculture à Paris.

Que va-t-il désormais se passer? La Commission doit maintenant notifier officiellement les pays du Mercosur de son intention d'appliquer cet accord. Il entrera en vigueur "le premier jour du deuxième mois" suivant les échanges sur cette notification formelle, a expliqué Olof Gill, un des porte-paroles de la Commission.

Comme la Commission, la majorité des États européens sont favorables à ce traité de libre-échange. Tous soulignaient la nécessité de mettre en œuvre l'accord le plus vite possible, particulièrement au moment où le président américain Donald Trump agite la menace de nouveaux droits de douane contre l'Europe.

"Nous avons besoin du Mercosur", a martelé vendredi Olof Gill devant la presse.

"L'application provisoire est, par nature, provisoire", a toutefois défendu Ursula von der Leyen, s'engageant à continuer à dialoguer avec les responsables et élus européens au cours des prochains mois sur ce dossier.

Pour entrer définitivement en vigueur, l'accord commercial avec le Mercosur doit être ratifié par les eurodéputés, un processus qui est donc retardé par l'avis réclamé à la Cour de justice de l'UE.

 ■

Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
1 avis
Note moyenne : 1
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
SUR LE MÊME SUJET
Publié le 04/03/2026

Le président du Sénat brésilien, Davi Alcolumbre, lors d'une session consacrée au vote sur l'approbation de l'accord de libre-échange entre le Mercosur et l'Union européenne, le 4 mars 2026…

Publié le 03/03/2026

Le groupe Casino (Monoprix, Franprix, Cdiscount...), qui a engagé des négociations pour alléger le poids de sa dette, rendra publiques le 5 mars "les nouvelles propositions" des créanciers (…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 05/03/2026

La Bourse de Paris a terminé la séance sur un rebond modéré. 

Publié le 05/03/2026

Votre rendez-vous quotidien avec les petites et moyennes capitalisations ! Chaque jour, retrouvez l’analyse d’Eric Lewin sur les valeurs Small & Mid Caps du moment qui font l’actualité.

Publié le 05/03/2026

(Zonebourse.com) - Le groupe intégré des métiers de l'événement a fait part d'un exercice 2025 solide. L'action s'adjuge plus de 3% peu après 16h à la Bourse de Paris. Les signaux sont au vert…

Publié le 05/03/2026

(Zonebourse.com) - Alors que le conflit entre les États-Unis et l'Iran semble s'enliser, les principaux indices américains évoluent une nouvelle fois en baisse. À 16h40, le S&P 500 cède 0,6%, le…