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La Syrie et l'Arabie saoudite signent de nouveaux accords d'investissement

| AFP | 478 | Aucun vote sur cette news
Photo de l'agence de presse officielle SANA distribuée le 7 février 2027, montrant à leur arrivée à l'aéroport international de Damas, le ministre saoudien de lnvestissement Khaled el-Faleh, le ministre syrien de l'Economie et de l'industrie Mohammad Nidal al-Chaar, et le chef de l'Autorité syrienne d'investissement Talal al-Hilali.
Photo de l'agence de presse officielle SANA distribuée le 7 février 2027, montrant à leur arrivée à l'aéroport international de Damas, le ministre saoudien de lnvestissement Khaled el-Faleh, le ministre syrien de l'Economie et de l'industrie Mohammad Nidal al-Chaar, et le chef de l'Autorité syrienne d'investissement Talal al-Hilali. ( Handout / SANA/AFP )

Ryad et Damas ont signé samedi des nouveaux accords d'investissement pour relancer l'économie dévastée de la Syrie, incluant la création d'une compagnie aérienne commune et un projet d'un milliard de dollars de développement des télécommunications.

Les nouvelles autorités syriennes s'emploient à attirer des investissements pour reconstruire le pays, après une guerre civile de plus de 13 ans.

Elles ont déjà signé une série d'accords avec des pays du Golfe, dont l'Arabie saoudite, devenue une alliée d'Ahmad al-Chareh, le président de transition islamiste qui a renversé le dirigeant syrien Bachar al-Assad en décembre 2024.

Talal al-Hilali, chef de l'Autorité syrienne d'investissement, a annoncé samedi à Damas devant la presse cinq accords entre les deux pays, dont l'un pour la création d'"une compagnie aérienne low-cost syro-saoudienne" baptisée "Nas Syria".

Il comprend aussi la construction d'un nouvel aéroport à Alep (nord de la Syrie) d'une capacité de 12 millions de passagers, ainsi que des travaux dans l'aéroport existant.

Un projet baptisé SilkLink vise à développer "les infrastructures de télécommunications et la connectivité numérique" en Syrie, a-t-il encore détaillé. Il est doté d'une enveloppe "d'environ 1 milliard de dollars", a indiqué le ministre syrien des Télécommunications, Abdulsalam Haykal.

Un autre accord porte sur le dessalement de l'eau et la coopération au développement.

"Secteurs vitaux"

Le ministre saoudien de l'Investissement, Khaled el-Faleh, a en outre évoqué le lancement d'un fonds d'investissement pour "des projets majeurs en Syrie avec la participation du secteur privé" (saoudien).

L'enjeu est de "construire un partenariat stratégique", a-t-il résumé.

Les projets concernent "des secteurs vitaux qui touchent la vie des gens et constituent des piliers essentiels pour la reconstruction de l'économie syrienne", a mis en avant M. Hilali.

En juillet, Ryad avait déjà signé des accords d'investissement et de partenariat avec la Syrie d'une valeur de 6,4 milliards de dollars.

"Ce n'est qu'un début", a affirmé samedi à l'AFP un responsable du ministère saoudien de l'Investissement. Il est prévu "que les investissements s'étendent à tous les secteurs qui constituent une priorité urgente pour la vie des Syriens", a-t-il assuré.

L'envoyé spécial américain pour la Syrie, Tom Barrack, a salué ces accords, estimant sur X que "des partenariats stratégiques dans l'aviation, les infrastructures et les télécommunications contribueront de manière significative aux efforts de reconstruction de la Syrie".

L'analyste Benjamin Fève, spécialiste de l’économie syrienne, reste néanmoins prudent sur leur portée.

"A court terme, je dirais que ces accords ont davantage d'importance en tant que signal politique qu'en tant que facteur de changement économique", note-t-il, jugeant que les projets retenus "ne sont pas prioritaires et ne sont pas suffisants pour reconstruire le pays".

Les Etats-Unis ont définitivement levé en décembre les sanctions américaines sur la Syrie, un pays resté longtemps dans les sphères d'influence de l'Iran et de la Russ

La Syrie faisait l'objet de sanctions internationales depuis 1979, renforcées après la répression par le pouvoir de Bachar al-Assad de manifestations prodémocratie en 2011, qui a débouché sur la guerre civile.

La loi dite "Caesar" - adoptée en 2019 lors du premier mandat de Donald Trump - imposait des sanctions américaines drastiques, dont la mise au ban de la Syrie du système bancaire international et des transactions financières en dollars.

Le coût de la reconstruction de la Syrie pourrait dépasser 216 milliards de dollars, selon la Banque mondiale.

Lors d'une visite en Arabie saoudite fin octobre, M. Chareh avait affirmé que son pays avait attiré 28 milliards de dollars d'investissements depuis la chute de Bachar al-Assad.

En avril, l'Arabie saoudite et le Qatar se sont engagés à régler la dette de la Syrie envers la Banque mondiale, qui s'élève à environ 15 millions de dollars.

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