Les Bourses mondiales en hausse après la victoire démocrate aux "midterms", le pétrole plonge
Les marchés mondiaux ont salué mercredi la victoire sans appel des démocrates aux élections américaines de mi-mandat, pariant notamment sur moins de dépenses publiques aux États-Unis et l'espoir d'une désescalade au Moyen-Orient.
"La victoire des démocrates signifie le retour à une gouvernance divisée à Washington", commentent les analystes de Schroders. Or, "cette situation est historiquement favorable aux marchés, car un blocage institutionnel limite les dépenses publiques".
A New York, le Dow Jones s'est envolé de 3,03 %, l'indice Nasdaq a progressé de 1,44 % et l'indice élargi S&P 500 a gagné 1,58 %.
L'indice Stoxx 600, qui regroupe les 600 plus grandes capitalisations européennes, a avancé de 1,82 %. Paris a pris 1,96 %, Francfort 2,22 %, Milan 2,18 % et Londres 1,79 %.
Le pétrole glisse
La perspective d'une amélioration sur le front de la guerre au Moyen-Orient, qui provoque depuis plusieurs mois une hausse du pétrole et de l'inflation faisant flamber les taux d'emprunt, explique aussi ce mouvement d'optimisme.
Une fois le nouveau Congrès installé en janvier, les démocrates pourraient en effet "chercher à limiter les financements alloués à la guerre", explique à l'AFP Andy Lipow, de Lipow Oil Associates, ce qui "pourrait forcer Donald Trump" à mettre fin au conflit.
Le président américain a reconnu mercredi que la guerre avec l'Iran avait largement contribué à la débâcle de son parti aux élections de mi-mandat, après que le vice-président JD Vance a appelé les républicains à être "honnêtes" sur le coût politique de ce conflit impopulaire.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord a plongé de 8,67 % à 94,62 dollars, à des plus bas depuis début septembre.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, a reculé de 8,29 % à 88,12 dollars.
Détente des taux d'emprunt
La baisse du pétrole fait mécaniquement reculer les taux d'emprunt. Le rendement à échéance dix ans américain baissait ainsi à 4,88 % vers 21H30 GMT, contre 4,96 % la veille en clôture.
Par ailleurs, "moins de nouvelles dépenses budgétaires, donc moins de pression à émettre de la dette, cela plaide pour une détente des taux longs américains", explique Nicolas Rajner, chef de l'investissement pour la banque Richelieu.
Ce mouvement a gagné l'Europe: le taux de la dette française, scrutée depuis plusieurs semaines en raison des blocages budgétaires et des incertitudes politiques hexagonales, reculait nettement dans les derniers échanges, à 4,78 %, contre 4,95 % la veille.
Son équivalent allemand, référence sur le continent, était à 3,26 %, contre 3,33 %, l'Italien à 4,32 %, contre 4,46 %. Hors zone euro, le taux d'emprunt à dix ans du Royaume-Uni baissait à 5,13 %, contre 5,26 % la veille.
Incertitude sur l'IA
Dans la nuit, les contrats à terme sur les principaux indices boursiers américains se sont d'abord repliés à l'annonce des résultats, avant de repartir à la hausse, minés par les inquiétudes autour d'un encadrement légal plus sévère de l'intelligence artificielle (IA).
Le marché a notamment craint que "les victoires des candidats démocrates dans des États clés comme le Texas ne ralentissent le rythme de développement des centres de données dédiés à l'IA", détaillent les analystes de Briefing.com.
Les semi-conducteurs - indispensables pour construire ces infrastructures - ont clôturé dans le rouge, à l'image du mastodonte Nvidia (-3,17 %), Micron (-7,00 %) ou Intel (-3,77 %).
En Europe, STMicroelectronics a perdu 5,13 %, Infineon 3,34 %, ASML 3,42 % et ASM International 5,06 %.
Les géants technologiques - qui injectent des milliards de dollars dans le développement de l'IA - ont, au contraire, terminé en hausse à Wall Street (Meta +1,44 %, Apple +5,31 %, Amazon +6,12 %, Microsoft +6,68 %).
"D'une certaine manière, les gens se réjouissent à l'idée que le secteur puisse être préservé de ses pires penchants", souligne auprès de l'AFP Steve Sosnick, d'Interactive Brokers.
D'après l'analyste, une régulation plus importante de l'IA limiterait le risque de surinvestissement dans la technologie, un sujet qui a particulièrement inquiété les marchés ces dernières semaines.
mgi-fcz-ni-jmb/kal
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