Réseaux sociaux: l'UE propose une interdiction aux moins de 13 ans et des "mini-comptes" pour ados

| AFP | 316 | 1 par 1 internautes
Ursula von der Leyen a dévoilé mercredi des propositions très attendues pour protéger les enfants et adolescents en ligne en Europe
Ursula von der Leyen a dévoilé mercredi des propositions très attendues pour protéger les enfants et adolescents en ligne en Europe ( Jean-Christophe VERHAEGEN / AFP )

Ursula von der Leyen a dévoilé mercredi des propositions très attendues pour protéger les enfants et adolescents en ligne en Europe: une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 13 ans et des "mini-comptes" aux fonctions bridées pour les moins de 15 ans.

"Les enfants entre 13 et 15 ans ne disposeront que de mini-comptes, installés et surveillés par leurs parents, avec des fonctionnalités restreintes et une durée d'utilisation limitée", a déclaré la présidente de la Commission, dans un discours solennel au Parlement européen.

Ces mesures, qui nécessiteront l'accord des eurodéputés et des 27 pays de l'UE, seront détaillées jeudi dans un projet de loi européen, "l'EU Kids Act", qui sera présenté à Strasbourg par Ursula von der Leyen et la commissaire chargée du Numérique, Henna Virkkunen.

Addiction aux écrans, harcèlement, manque de sommeil, troubles du comportement alimentaire, sans oublier les sollicitations à caractère sexuel : les mineurs sont exposés à de nombreux risques en ligne.

Et la législation européenne existante, comme le règlement sur les services numériques (DSA), ne suffit pas.

Résultat, la pression politique monte de toute part pour mieux protéger les enfants et adolescents au sein de l'UE, et les initiatives se multiplient au niveau national, France en tête.

Dans son discours à Strasbourg, Ursula von der Leyen a cité en exemple le cas d'une adolescente de 14 ans, Oléa, qui a mis fin à ses jours il y a un mois en Belgique car elle était victime de harcèlement, reprenant en français les mots de sa maman : "sans ces réseaux omniprésents, ma fille serait toujours là".

"L’heure est venue pour l’Europe d’agir", a martelé la cheffe de l'exécutif européen, rappelant que c'était l'UE qui dictait ses propres règles, et non les géant de la tech.

Selon des documents consultés par l'AFP, le projet de loi présenté jeudi s'appliquera aux différentes catégories de plateformes en ligne : réseaux sociaux, services de partage de vidéo, assistants d'intelligence artificielle, robots conversationnels (chatbots), et autres jeux en ligne.

Les restrictions liées à l'âge, valables dans toute l'UE, seront couplées à de nouvelles contraintes pour les opérateurs s'ils veulent que leurs services restent accessibles aux moins de 18 ans. Avec des amendes qui pourraient atteindre jusqu'à 6% de leur chiffre d'affaires mondial en cas d'infraction.

Parmi ces obligations, les plateformes devront supprimer leurs fonctions les plus "addictives" (défilement illimité de contenus, recommandations ultra-personnalisées...), et vérifier systématiquement l'âge de leurs nouveaux utilisateurs.

Vue de l'écran d'un téléphone portable avec des logos d'applications, le 29 avril 2026 à Saint-Mandé en France
Vue de l'écran d'un téléphone portable avec des logos d'applications, le 29 avril 2026 à Saint-Mandé en France ( Martin LELIEVRE / AFP/Archives )

"Enfin, l'Europe envoie un signal clair : il est temps d'agir sur la conception nocive des plateformes pour protéger nos enfants des algorithmes et fonctionnalités toxiques", a salué Arnaud Ducoin, membre d'un collectif de familles françaises qui ont porté plainte contre TikTok, accusant l'application d'inciter des mineurs au suicide en alimentant leur mal-être.

Accès graduel

Le système prôné par la Commission européenne s'annonce plus souple que l'interdiction complète des réseaux sociaux aux moins de 16 ans instaurée depuis l'an dernier en Australie, qui a été largement contournée par les adolescents.

Il ressemble en revanche beaucoup au nouveau projet de loi français, annoncé lundi par le président Emmanuel Macron.

Ce nouveau texte français, soumis à Bruxelles pour s'assurer qu'il est conforme au droit européen, vise à interdire les réseaux aux moins de 15 ans s'ils présentent des fonctionnalités nocives, tout en prévoyant des dérogations à partir de 13 ans.

Cette nouvelle formule tient compte des réserves du Conseil constitutionnel, qui s'était opposé en août à une interdiction générale.

"L'annonce qui a été faite dans le discours d'Ursula von der Leyen va évidemment dans le bon sens", a salué la porte-parole du gouvernement français, Maud Bregeon.

Le Premier ministre canadien Mark Carney donne une conférence de presse le 25 juin 2026 à Ottawa, et le président de la Commission européenne Ursula von der Leyen s'exprime le 9 juin 2026 à Bruxelles
Le Premier ministre canadien Mark Carney donne une conférence de presse le 25 juin 2026 à Ottawa, et le président de la Commission européenne Ursula von der Leyen s'exprime le 9 juin 2026 à Bruxelles ( Dave Chan, Nicolas TUCAT / AFP/Archives )

De nombreux autres pays ont imité l'Australie et annoncé ou mis en place des restrictions d'accès aux réseaux sociaux pour les jeunes, voire des interdictions.

Parmi eux, le Canada, dont le Premier ministre Mark Carney a assisté au discours solennel d'Ursula von der Leyen mercredi, une grande première pour un dirigeant étranger.

La Commission peut s'attendre à d'intenses débats au sein du Parlement et des Etats membres, notamment sur les modalités d'application et les systèmes de vérification d'âge, qui suscitent beaucoup de méfiance chez les internautes.

Pour Bastien Le Querrec, juriste à la Quadrature du Net, la procédure de vérification envisagée est "une mesure incompatible avec le respect des droits humains qui ne protégera aucunement les plus jeunes".

 ■

Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
1 avis
Note moyenne : 1
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
SUR LE MÊME SUJET
Publié le 17/09/2026

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen s'exprime devant le Parlement européen à Strasbourg le 16 septembre 2026 ( Jean-Christophe VERHAEGEN / AFP )L'Union européenne…

Publié le 16/09/2026

Au Brésil, une loi entrée en vigueur en mars oblige les plateformes à relier les comptes des moins de 16 ans à ceux de leurs parents et à vérifier l'âge des utilisateurs ( Saeed KHAN /…

Publié le 15/09/2026

Cette photo, prise le 26 août 2026, montre une baleine nageant dans les eaux entourant Vestmannaeyjar (les îles Vestmann), au large de la côte sud de l'Islande ( Jonathan NACKSTRAND / AFP )Le…

Publié le 15/09/2026

Anne Hidalgo et Patrick Bloche à l'Hôtel de Ville à Paris, le 9 février 2026 ( Thomas SAMSON / AFP/Archives )"Un échec collectif": l'ex-maire PS de Paris, Anne Hidalgo, et son ancien adjoint…

Publié le 15/09/2026

Manifestation contre les violences sexuelles devant le ministère de la Justice, place Vendôme, alors qu'une commission spéciale de l'Assemblée nationale examine un projet de loi visant à…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 18/09/2026

La Bourse de Paris a évolué en territoire positif, soutenue notamment par le repli des cours du pétrole. Les tensions géopolitiques semblent en effet s’apaiser, alors que des discussions…

Publié le 18/09/2026

Publication des résultats semestriels 2026 Après un chiffre d'affaires S1 2026 de 20,1 M€, Bio-UV publie des résultats semestriels en ligne avec nos attentes. L'EBITDA…

Publié le 18/09/2026

(Zonebourse.com) - Ce vendredi, Safran a conclu une convention avec un prestataire de services d'investissement pour une tranche de rachat d'actions pour annulation. Suivant les termes de cette…

Publié le 18/09/2026

(Zonebourse.com) - Amundi a annoncé la finalisation de son programme de rachat d'actions d'un montant global de 500 millions d'euros, mené conformément aux objectifs fixés dans son Plan Ambitions…