Paris résiste au repli des banques avant un weekend prolongé
(Zonebourse.com) - Les principales places boursières européennes achèvent cette semaine écourtée par la fête du Travail sur une note positive, malgré un environnement macroéconomique morose. Londres se distingue ( 1,45%), devant Francfort ( 1,33%) et Paris ( 0,53%). L'indice parisien met ainsi un terme à une série de quatre séances consécutives de repli et et abandonne 0,53% en hebdo.
Après avoir passé une bonne partie de la séance en zone rouge, la Bourse de Paris est parvenue à sortir la tête de l'eau en fin de journée, résistant au repli marqué des valeurs bancaires, avec -3,66% pour Crédit Agricole, -3,59% pour Société Générale et -1,41% pour BNP Paribas. Le repli du secteur est d'autant plus notable que les publications des trois établissements étaient pourtant globalement solides.
En effet, Crédit Agricole a dévoilé un résultat net part du groupe conforme aux attentes du consensus (1,6 MdEUR), tandis que Société Générale a fait état d'un bénéfice net de 1,7 MdEUR, supérieur de 7% aux anticipations. BNP Paribas a fait encore mieux avec un résultat net de 2,97 MdsEUR, 10% au dessus du consensus. Cette divergence entre fondamentaux et réaction boursière traduit les inquiétudes croissantes des investisseurs quant aux perspectives économiques.
Un contexte économique morose
Ces craintes ont d'ailleurs été alimentées ce matin par plusieurs indicateurs décevants. L'Insee a annoncé une stagnation du PIB français au 1er trimestre 2026 (0,0% après 0,2% au trimestre précédent), confirmant l'essoufflement de la dynamique de croissance. Dans le même temps, l'inflation repartirait à la hausse, avec une progression attendue de 2,2% en avril après 1,7% en mars.
Au niveau européen, le constat est similaire. Selon Eurostat, la croissance de la zone euro ne devrait atteindre que 0,1% au 1er trimestre, en deçà des attentes ( 0,2%). Un ralentissement qui renforce la prudence des investisseurs.
A cela, s'ajoute l'absence d'avancée au Moyen-Orient. Fitch Ratings a ainsi mis en garde contre les risques liés à une crise prolongée en Iran, évoquant un impact potentiel sur les finances publiques et un "risque systémique mondial croissant".
Dans ce contexte incertain, la BCE a sans surprise maintenu ses taux inchangés (2%), une décision largement anticipée par les marchés. "Le signal le plus important réside dans ce que le Conseil des gouverneurs n'a pas dit", souligne Madison Faller (JP Morgan Private Bank), mettant en avant une stratégie de flexibilité maximale. L'institution pourrait procéder à une unique hausse de 25 points de base cette année, avant une pause prolongée, sauf résurgence de tensions inflationnistes.
"La BCE a clairement ouvert le débat sur une possible hausse des taux en juin si la situation se dégradait à nouveau", ajoute Juliette Cohen, stratégiste chez CPR AM.
Les valeurs en mouvement
A Paris, le CAC 40 a été tiré par Engie ( 4,93%), Veolia ( 3,25%) et STMicro ( 2,9%)
En revanche, Stellantis recule de 6,4% après des résultats inférieurs aux attentes, avec un bénéfice par action ressorti à 0,14 EUR, contre 0,21 EUR attendus.
A noter par ailleurs la performance d'Air France-KLM qui s'adjuge 3,8% après avoir stabilisé sa perte nette à 252 MEUR au 1er trimestre malgré le contexte contraint et la flambée des cours du pétrole. Le groupe enregistre par ailleurs un chiffre d'affaires solide de 7,48 MdsEUR, conforme aux attentes.
Enfin, Soitec ( 12,25%) signe la plus forte progression du SBF 120. Un retour en grâce lié au décalage perçu entre des fondamentaux à court terme encore fragilisés (notamment par la faiblesse persistante du marché du mobile) et un potentiel de revalorisation lié à des relais de croissance jugés stratégiques.
Ailleurs en Europe, DHL s'illustre avec la plus forte hausse de l'indice Euro Stoxx 50, avec 7,51%, devant Bayer ( 4,39%), tandis que Munich Re et Deutsche Börse ferment la marche (-3% et -1,32%).
De l'or noir et quelques chiffres
Sur le plan géopolitique, les tensions au Moyen-Orient continuent d'alimenter la hausse des prix de l'énergie. Les perturbations persistantes dans le détroit d'Ormuz maintiennent la pression sur l'offre, propulsant le WTI à 104 USD le baril et le Brent autour des 110 USD. La perspective d'un blocage prolongé, évoquée par un responsable de l'administration américaine, renforce les craintes sur l'approvisionnement mondial.
Enfin, les indicateurs américains publiés aujourd'hui confirment également un ralentissement de l'activité. Le PIB des États-Unis a progressé de 2% au 1er trimestre, en deçà des attentes (2,2%), après une hausse de 0,5% précédemment.
Les inscriptions hebdomadaires au chômage ressortent toutefois à 189 000, mieux qu'anticipé, traduisant la résilience du marché de l'emploi.
En parallèle, l'indice manufacturier de Chicago s'est contracté en avril, à rebours des attentes.
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source : AOF
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