Route du Rhum: Laperche vers la victoire, Sineau secouru par un concurrent
Auteur d'une course magnifique, Tom Laperche (SVR Lazartigue) s'apprête à remporter la Route du Rhum dans les prochaines heures à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) alors que le navigateur Benoît Sineau a été secouru par son concurrent Jules Bonnier après avoir déclenché sa balise de détresse
Le benjamin de la classe Ultim a pris les commandes juste après le coup de canon dimanche à Saint-Malo et, à un peu moins de 95 kilomètres de l'arrivée, affiche samedi après-midi une avance plus que confortable d'environ 320 milles sur son premier poursuivant, Thomas Coville (Sodebo).
Selon les dernières informations de la direction de course, le vainqueur de la Solitaire du Figaro 2022 a atteint l'îlet de la Tête à l'Anglais aux alentours de 17h00 locales samedi, soit 22h00 en France, et devrait rallier la ligne d'arrivée dans quelques heures.
"On continue d'avancer plutôt vite. Là, on est à 25 noeuds, c'est pas mal ! Ce qui est difficile, c'est que le vent est très instable. On a régulièrement des grains avec des rafales à 30 noeuds, alors qu'entre deux, on se retrouve plutôt à 15 ou 20", a expliqué le skipper de 29 ans samedi.
Ancien protégé de François Gabart, qui lui a confié la barre de son trimaran il y a trois ans, Laperche doit arriver avant dimanche matin à 08H49 (heure de Paris) s'il veut battre le record établi en 2022 par Charles Caudrelier (6 jours et 19 heures).
"Il a fait une course de patron, il a été devant du début à la fin et a fait une régate remarquable", a salué le tenant du titre pour encore quelques heures, de retour à terre samedi à Lorient, à bord de son Maxi Edmond de Rothschild au foil endommagé.
"S'appliquer jusqu'au bout"
"Tom, c'est quelqu'un de jeune, hyper brillant et qui apprend vite. Son bateau est arrivé à maturité. C'était pour moi le favori naturel. Si j'avais dû parier sur quelqu'un : c'était lui", a ajouté Caudrelier, 52 ans.
Le contournement de la Guadeloupe et ses zones de dévent est la dernière difficulté majeure à négocier pour Laperche. En 2018, l'exercice avait coûté très cher à son mentor Gabart, qui s'était fait dépasser par Francis Joyon à deux milles seulement de l'arrivée.
"Je regarde d'assez près tous les virements de bord qu'on va avoir à faire, les effets du vent autour des îles, le passage des bouées et les trajectoires assez fines qu'il va falloir suivre (...), il va falloir tourner les bras", a prévenu le jeune skipper déterminé.
Thomas Coville et Louis Burton (Armand Thiery), eux, bataillent toujours pour la deuxième place et sont attendus dans la journée de dimanche en Guadeloupe
Sineau sauvé des eaux
Malgré leur expérience et leur ténacité, ils n'ont jamais pu véritablement inquiéter Laperche, qui disposait du bateau le mieux préparé de la flotte des Ultim pour affronter une transatlantique, avec le Banque Populaire d'Armel Le Cléac'h, qui a chaviré pendant la traversée
Après les maxi-trimarans, les autres classes de bateaux vont arriver par grappes à partir de mardi à Pointe-à-Pitre. Au coeur de la flotte des Class 40, à plusieurs centaines de kilomètres à l'ouest des Açores, le navigateur Benoît Sineau (Ekinox-Rhétorès) a été secouru par son concurrent Jules Bonnier (Plastic Odyssey), quelques heures après avoir déclenché sa balise de détresse.
"La direction de course a immédiatement lancé la procédure de secours (...) Parmi les concurrents les plus proches, le skipper de Plastic Odyssey a été dérouté sur zone (...) et est parvenu à récupérer son concurrent, sain et sauf, à son bord", a précisé l'organisation.
On ignore encore dans l'immédiat les raisons qui ont poussé Benoît Sineau à activer sa balise.
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