Poutine fustige l'Otan lors d'une parade de la Victoire 1945 fortement réduite
Le président russe Vladimir Poutine a affirmé samedi que son armée affrontait en Ukraine des forces "agressives" soutenues par l'Otan, lors d'un bref discours sur la place Rouge pour de modestes commémorations du 9-mai 1945 au premier jour d'une trêve acceptée par Kiev.
Ce défilé a été marqué par l'absence d'équipements militaires, tels que des chars et lances-missiles qui d'ordinaire remontent la place centrale de Moscou. Il n'a duré que 45 minutes et a été conforté in extremis par l'entrée en vigueur d'une trêve de trois jours annoncée la veille par Donald Trump.
Des menaces d'attaques de drones ukrainiens pour perturber les cérémonies marquant la victoire soviétique contre l'Allemagne nazie, fêtée le 9 mai en Russie, et de frappes russes en représailles contre le centre de Kiev avaient plané les jours précédents.
"Le grand exploit de la génération victorieuse (contre Adolf Hitler, ndlr) inspire aujourd'hui les soldats qui mènent l'opération militaire spéciale (en Ukraine). Ils font face à une force agressive armée et soutenue par l'ensemble du bloc de l'Otan", a déclaré M. Poutine, depuis la tribune.
"Je suis fermement convaincu que notre cause est juste. Nous sommes ensemble. La victoire fut nôtre et elle le sera pour toujours", a-t-il ajouté.
Le dirigeant s'est exprimé devant plusieurs centaines de soldats se tenant sur la grande place de Moscou. Des militaires de l'armée nord-coréenne, qui a aidé Moscou à chasser au printemps 2025 des troupes ukrainiennes de la région de Koursk, ont participé à ces commémorations.
Problèmes d'internet
Ce défilé s'est déroulé sous haute sécurité.
Samedi matin, l'internet mobile a été suspendu dans le centre de Moscou, suscitant l'agacement de plusieurs Moscovites interrogés par l'AFP. "J'ai besoin d'internet et il n'y en a pas", peste Elena, 36 ans, une économiste d'entreprise.
Ces commémorations sont un évènement hautement symbolique permettant à Vladimir Poutine, au pouvoir depuis 26 ans, de mobiliser la mémoire de la victoire soviétique et de rallier la population russe derrière la campagne militaire en Ukraine.
"Nous devons chasser (les Ukrainiens, ndlr) de notre territoire", dit Lidia à l'AFP une retraité russe de 82 ans, depuis Moscou, reprenant le discours du Kremlin qui revendique l'annexion de régions de l'est et du sud de l'Ukraine, dont le Donbass.
A Kiev, Mikhaïlo Porkhatchov, un Ukrainien de 29 ans, dit, lui, que les Russes ne respectent pas la trêve. Il raconte avoir parlé samedi matin avec ses parents, à Zaporijjia, à une vingtaine de kilomètres du front, qui lui ont rapporté des "explosions" et des sirènes aériennes dans cette ville ukrainienne.
Ievguen Chevtchenko, 43 ans, pense lui qu'il n'y aura pas de bombardements russes "majeures" pendant le cessez-le-feu car elle a été convenue avec Donald Trump et que Moscou, selon M. Chevtchenko, ne souhaite pas "abîmer" ses relations avec l'administration américaine "à cause de ça".
Après deux tentatives de trêves, ukrainienne puis russe, non respectées cette semaine, le président américain a annoncé vendredi soir un cessez-le-feu de trois jours entre l'Ukraine et la Russie à partir de samedi.
"Espérons que ce soit le début de la fin d'une guerre très longue", a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social, précisant que le cessez-le-feu serait accompagné d'un "échange de prisonniers de 1.000 détenus de chaque pays".
Un conseiller du Kremlin, Iouri Ouchakov, cité par les agences de presse russes, a néanmoins affirmé samedi qu'il n'avait pas été convenu que cette trêve se prolonge.
Juste après la publication du message de Donald Trump, Kiev et Moscou ont confirmé avoir accepté la trêve et l'échange de prisonniers.
Célébrations réduites
Moscou a réduit la pompe des célébrations: pour la première fois en près de vingt ans, il n'y a pas eu de matériel militaire (chars, véhicules de transport, lances-missiles) sur la place Rouge, ni de corps de cadets et des écoles militaires.
Le nombre de dignitaires étrangers a également diminué.
Seuls les dirigeants du Bélarus, de la Malaisie et du Laos et le Premier ministre slovaque Robert Fico se sont déplacés à Moscou, outre ceux des deux républiques séparatistes géorgiennes soutenues par Moscou et non reconnues par l'ONU, selon le Kremlin.
Moscou avait déjà décrété de son côté une trêve les 8 et 9 mai pour les commémorations, mais l'Ukraine comme la Russie avaient poursuivi leurs attaques de drones après cette annonce unilatérale.
Les discussions ont repris cette semaine entre négociateurs ukrainiens et américains en Floride (sud-est). Ces pourparlers étaient passés au second plan depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Vendredi, Volodymyr Zelensky a dit espérer la venue prochaine en Ukraine des négociateurs américains.
L'offensive russe à grande échelle sur l'Ukraine lancée en 2022 et entrée dans sa cinquième année a fait des centaines de milliers de morts. C'est le conflit le plus sanglant en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.
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