Décès du jeune Quentin, grièvement blessé lors d'une agression à Lyon
Le parquet de Lyon a annoncé samedi à l'AFP le décès de Quentin, un étudiant de 23 ans qui était hospitalisé depuis jeudi à Lyon dans un état grave, après une violente agression en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po.
"L’enquête se poursuit, elle est conduite dorénavant du chef de coups mortels aggravés, en plus des violences aggravées de réunion, d’usage d’arme, et de mis en cause dont le visage est dissimulé", a précisé le parquet dans un communiqué.
La famille du jeune identitaire a appelé "au calme et à la retenue", tout en dénonçant un "crime", selon son avocat Fabien Rajon.
Lançant lui aussi un appel "au calme, à la retenue et au respect", le président Emmanuel Macron a souhaité que soient condamnés "les auteurs de cette ignominie".
La cheffe de file du Rassemblement national, Marine Le Pen, a appelé à ce que la justice condamne "avec la plus grande rigueur" les auteurs d'un "acte criminel d'une violence inouïe".
Quentin avait été placé dans le coma, avec un pronostic vital engagé, à l'hôpital Edouard Herriot, après avoir été pris en charge "dans un état grave" jeudi en début de soirée par les secours, dans le 5e arrondissement de Lyon.
Selon l'avocat de la famille, "un guet-apens, méthodiquement préparé, semblerait bien avoir été tendu à Quentin par des individus organisés et entraînés, en très large surnombre et armés, pour certains le visage masqué, ayant effectué des repérages préalables et disposant a priori de complicités".
"Crime"
"Ces faits, s’ils sont confirmés par l’enquête (...) constituent un crime", a-t-il ajouté dans un communiqué. La famille de Quentin a appelé "au calme et à la retenue", en faisant "confiance aux enquêteurs et à la justice afin que les responsables de sa mort soient rapidement interpellés et qu’ils aient à en répondre", est-il indiqué.
Le drame avait déclenché vendredi de très nombreuses réactions politiques, particulièrement dans les rangs de l'extrême droite. Marine Le Pen avait appelé à considérer comme "terroristes" les "milices d'extrême gauche", et LFI pour sa part "condamne avec la plus grande fermeté toute violence physique", avait déclaré son coordinateur Manuel Bompard.
Aucune communication officielle n'a précisé jusque-là les circonstances de l'agression ni l'identité des agresseurs. Vendredi, le parquet de Lyon avait indiqué qu'"à ce stade, le contexte et les circonstances de ces faits doivent être déterminés". De "nombreuses auditions" ont eu lieu toute la journée samedi, a indiqué à l'AFP une source proche de l'enquête.
TF1 a diffusé samedi dans son journal de 20H00 une vidéo présentée comme celle de l'agression, où l'on voit trois hommes se faire rouer de coups de pied et de coups de poing, dont l’un reste au sol, apparemment inanimé.
Selon la version du collectif Némésis, proche de l'extrême droite, Quentin a été agressé alors qu'il faisait partie du service d'ordre chargé d'assurer la sécurité de ses militantes qui manifestaient contre une conférence de Rima Hassan, prévue de 18h à 20h à l'IEP de Lyon, situé dans le 7e arrondissement.
Vers 18H40 jeudi, près du bâtiment de Sciences Po, des militantes de Némésis avaient été "agressées" par des militants antifascistes, selon le collectif.
"Militantisme pacifique"
La présidente du collectif, Alice Cordier, a diffusé sur X une vidéo tournée rue Raoul Servant, tout près de l'IEP, où l'on voit une jeune femme mise à terre par un jeune homme aux cris de "fascistes, racistes, c'est vous les terroristes".
Toujours selon la version du collectif identitaire, les hommes, dont Quentin, n'ont "pas pu porter secours" aux militantes "car ils ont été poursuivis par un groupe d'une trentaine d'antifas". C'est après que Quentin aurait "été attaqué": il a été "balayé au sol, son crâne a tapé, puis il a été lynché à coups de pieds", affirme le collectif.
Le jeune homme, grièvement blessé, sera secouru vers 19h40 par les pompiers, quai Fulchiron, situé à près de 2 km de distance et à une vingtaine de minutes à pied de l'IEP.
Selon l'avocat, Quentin aurait "reçu des coups à la tête et ce alors même qu’il gisait au sol inanimé, les individus qui s’acharnaient sur lui agissant avec une volonté de tuer difficilement discutable".
Némésis a affirmé avoir reconnu parmi les agresseurs un collaborateur parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, qui serait un "membre actif de la Jeune Garde". La Jeune Garde, groupe antifasciste dont M. Arnault est l'un des fondateurs, a été dissoute en 2025 pour "agissements violents".
Raphaël Arnault a exprimé "horreur et dégoût" après l'annonce de la mort de Quentin, et dit souhaiter que "toute la lumière soit faite".
L'avocat de la famille a affirmé que Quentin "n'était ni agent de sécurité, ni membre d'un quelconque service d'ordre". "Etudiant en mathématiques, pratiquant le tennis et la philosophie", il était "investi dans la vie pastorale, en particulier au sein de la chorale de sa paroisse", a indiqué Me Rajon.
Il "défendait ses convictions sans violence, prônant un militantisme pacifique" et "n’avait jamais été mis en cause dans la moindre affaire par le passé", a-t-il conclu.
A Lyon, Jean-Michel Aulas a mis sa campagne pour l'élection municipale de mars en veille sur la journée de dimanche, selon son entourage.
Un rassemblement en hommage à Quentin s'est par ailleurs déroulé samedi à Angers et d'autres appels à rassemblement ont été lancés pour dimanche, notamment à Montpellier et Paris.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a appelé samedi les préfets à "renforcer la vigilance autour des rassemblements de nature politique, ainsi qu'autour des permanences de campagne".
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