Baisse du nombre de déplacés de force dans le monde, à près de 118 millions, selon l'ONU

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Des personnes déplacées attendent pour recevoir de l'aide, dans un camp de réfugiés à Gedaref, au Soudan, le 6 février 2026
Des personnes déplacées attendent pour recevoir de l'aide, dans un camp de réfugiés à Gedaref, au Soudan, le 6 février 2026 ( STR / AFP/Archives )

Le monde comptait 117,8 millions de personnes déplacées de force par la guerre ou d'autres formes de violences fin 2025, un chiffre en baisse pour la première fois depuis une décennie, a indiqué jeudi le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR).

"Fin 2025, le nombre de personnes contraintes de fuir les persécutions, les conflits, les violences, les violations des droits humains ou les événements troublant gravement l’ordre public (...) est tombé à 117,8 millions", a annoncé l'agence onusienne.

Selon le HCR, il s'agit de la première baisse depuis une décennie avec 5,4 millions de personnes déplacées en moins par rapport à la fin 2024. Parmi ces déplacés 58% l'étaient à l'intérieur de leur propre pays.

L'agence indique que "cette évolution s'explique par une forte augmentation des retours de réfugiés et de personnes déplacées à l'intérieur de leur pays dans certaines des plus importantes crises de déplacement au monde, notamment en Afghanistan, en République démocratique du Congo, au Soudan et en Syrie".

Des réfugiés afghans au Pakistan sont rassemblés près de la frontière avant d'être renvoyés dans leur pays, le 4 septembre 2025 à Chaman, au Pakistan
Des réfugiés afghans au Pakistan sont rassemblés près de la frontière avant d'être renvoyés dans leur pays, le 4 septembre 2025 à Chaman, au Pakistan ( Abdul BASIT / AFP/Archives )

"Nombre de ces retours ne se sont pas déroulés dans des conditions de sécurité et de stabilité, mais sous diverses formes de pression, vers des pays où l’insécurité persiste, où les infrastructures ont été endommagées et où l’accès aux services de base ainsi qu’aux opportunités économiques demeure très limité", a cependant alerté devant la presse le Haut-Commissaire aux réfugiés Barham Salih.

Soudan et Ukraine en tête en 2025

Au sujet des demandeurs d'asile, le nombre de nouvelles demandes individuelles a dépassé celui des décisions rendues, entraînant une hausse de 645.300 du nombre de demandeurs en attente d’une décision, qui atteignait ainsi près de 9 millions de personnes dans le monde.

Le Haut-Commissaire aux réfugiés Barham Salih lors d'une conférence de presse le 9 juin 2026 à Genève
Le Haut-Commissaire aux réfugiés Barham Salih lors d'une conférence de presse le 9 juin 2026 à Genève ( Fabrice COFFRINI / AFP )

"Les demandeurs d’asile doivent avoir accès à des procédures équitables et efficaces permettant d’examiner leur demande de protection. Les personnes qui fuient les conflits, les persécutions et les violences doivent disposer de voies effectives pour chercher refuge", a réclamé M. Salih.

L'agence estimait par ailleurs à 4,5 millions le nombre de personnes apatrides dans le monde fin 2025, soit 3% de plus qu'un an plus tôt.

Le HCR a établi que pour la seule année 2025, près de 5,4 millions de personnes avaient été contraintes de fuir leur pays pour trouver refuge ailleurs, le plus souvent dans des États voisins.

Huit pays représentaient à eux seuls près de six déplacés transfrontaliers sur dix : le Soudan (952.700), l’Ukraine (788.100), le Venezuela (455.300), le Soudan du Sud (232.800), le Burkina Faso (221.300), l'Afghanistan (191.400), le Mali (177.200) et la Birmanie (165.400).

Concernant les retours, atteignant en 2025 plus de 14,7 millions de personnes, ils ont été concentrés à 92% dans six pays: la République démocratique du Congo (3,6 millions), le Soudan (3,6 millions), la Syrie (3,3 millions), l’Afghanistan (2 millions), l’Ukraine (718.300) et la Birmanie (415.200).

Par ailleurs le nombre de réfugiés arrivés dans des pays de réinstallation, qui avait atteint en 2024 son plus haut niveau depuis au moins quarante ans, a chuté en 2025, notamment en raison de la baisse des admissions dans les principaux pays d'accueil, en particulier les Etats-Unis.

Cette diminution intervient alors que le HCR estimait à 2,9 millions le nombre de réfugiés ayant besoin d’être réinstallés en 2025, "illustrant l’écart croissant entre les besoins et les solutions disponibles".

L'impact des crises

Au début de l’année 2026, plusieurs crises ont influencé les tendances mondiales des déplacements forcés, comme au Liban (1 million de déplacés internes) ou en Iran (3,2 millions).

Ces conflits ont également entraîné une hausse des retours dans des conditions difficiles. Ainsi à la mi-mai 2026, environ 549.800 Syriens et 678.500 Afghans étaient retournés dans leur pays d’origine depuis plusieurs pays, souvent en raison de la dégradation de la situation sécuritaire dans leur pays d’asile, notamment au Liban et en Iran.

Devant la presse à Genève, Barham Salih a dit s'être donné pour objectif de réduire de plus de moitié le nombre de réfugiés au cours de la prochaine décennie.

L'idée est selon lui de développer davantage les possibilités de retour volontaire, de réinstallation et de visas humanitaires, en passant d’une assistance humanitaire traditionnelle à des approches favorisant l’autonomie économique des réfugiés.

"Nous devons faire comprendre aux États membres, aux différentes parties prenantes et aux pays d’accueil qu’au-delà de l’assistance immédiate, il existe une voie permettant d’aboutir à une situation plus durable", a expliqué M. Salih.

Selon le HCR, le nombre de personnes déplacées de force dans le monde restait globalement stable fin avril 2026 par rapport à fin 2025, à environ 117 à 118 millions.

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